Il y a le réseau e-Nable de makers bénévoles qui fabriquent des prothèses peu coûteuses. Et puis des projets de fabrication additive pour soigner les astronautes pendant leur séjour dans l’espace. Entre les deux, les applications de l’impression 3D pour la santé se multiplient.

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Grâce à e-Nable France et l’impression 3D, la période de Noël a été émaillée d’histoires émouvantes. Le Père Noël a en effet apporté dans sa hotte des prothèses de mains à des enfants. La jeune Lola, victime d’une malformation de naissance a reçu son premier appareil articulé, et il est joliment rose pour coller aux goûts de son âge, grâce aux compétences d’un maker de sa région près de Troyes. Fin 2016, à 6 ans, Chaï a aussi pu enfiler une main de Batman, son héros, et elle sera régulièrement réadaptée en fonction de sa croissance.

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Ces belles histoires sont loin d’être les dernières car ces cadeaux hors du commun sont l’œuvre  de bénévoles d’e-Nable France qui propose de fabriquer gratuitement des prothèses mécaniques. L’association humanitaire fait appel à la générosité de tous pour couvrir les frais de matériel. Et le coût de l’impression 3D est dérisoire, de l’ordre de quelques dizaines d’euros. En marge des besoins spécifiques à l’impression 3D, avec des fils de mercerie et de pêche, des vis de quincaillerie, un peu de mousse et de velcro, les bénévoles e-Nable se posent en véritables bricoleurs humanitaires avec des matériaux faciles à trouver et peu onéreux.

« Donner au monde un coup de main » en mettant en relation les personnes ayant besoin d’un appareil avec des makers bénévoles est la mission d’e-Nable France. Elle a été créée en 2015 par Thierry Oquidam, un ancien DSI. L’association est maintenant reconnue d’intérêt général. Elle a déjà pu satisfaire plus de 45 demandes, valider les compétences d’une quarantaine de makers (400 sont en attente), remporté des prix auprès de plusieurs assurances et bénéficié d’une couverture médiatique importante.

e-Nable France s’inscrit dans le réseau Enabling the Future, né en 2014 aux USA. Dès sa première année d’existence, le mouvement a séduit quelque 5 000 volontaires. Et la communauté s’élargit aux écoliers, étudiants, enseignants qui découvrent en atelier la fabrication additive appliquée au corps humain. Des experts en robotique conçoivent aussi bénévolement des modèles sur mesure. Depuis bientôt 2 ans, dans de nombreux pays sur les 5 continents, des ‘’chapters’’ Enabling the Future essaiment cet engagement pour les enfants et adultes privés depuis la naissance ou suite à un accident de mains ou de bras.

L’Homme augmenté grâce à l’impression 3D

La liste des possibilités thérapeutiques de la fabrication additive et de la bio-impression ne cesse de s’allonger. Au CES 2017 à Las Vegas, Eden, une start-up française a présenté une solution de façonnage numérique et d’impression d’orthèses plantaires sur mesure, à partir d’empreinte numérique, avec une précision de l’ordre du 10e de millimètre. Une petite révolution pour les podologues en termes de qualité, de temps et de suivi du patient.

Le bio-printing ou l’impression de tissu humain avec les laboratoires de recherche s’attaquent aussi à de nombreuses parties du corps : créer des os artificiels pour la chirurgie réparatrice, reconstruire du cartilage de ménisque, produire des stents biodégradables à base d’agrumes. Les stents sont ces petits ressorts implantés dans une artère pour limiter les risques d’accidents vasculaires.

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Pour soigner la calvitie et une première médicale pour les astronautes

Côté solution cosmétique, pour lutter contre la perte anormale de cheveux (12 millions de personnes atteintes en France), L’Oréal a entamé un travail de recherche avec la jeune entreprise française de biotechnologie par laser Poietis. Leur objectif : « bio-imprimer et implanter un follicule pileux, le petit organe qui produit le cheveu » d’ici 2018.

Et un peu plus loin au-dessus de nos têtes,  les astronautes de la station ISS disposeront dès ce début d’année de solutions d’impression 3D pour se soigner. Des attèles, des plombages pour soigner des carries seront modélisés – sur terre – sur la base de scans laser et de mesures envoyées depuis l’espace. Ils seront imprimés directement en 3D au cœur de la navette spatiale : une première médicale signée par une entreprise canadienne.

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