Après les récentes annonces du gouvernement français, les tablettes sont à la Une de l’actualité du secteur de l’éducation dans l’Hexagone. Ce coup de projecteur sur l’un des types d’équipements numériques au service des apprentissages ne doit pas néanmoins occulter l’intérêt d’un autre type de dispositif : le tableau blanc interactif (TBI) ou tableau numérique interactif (TNI). Les arguments des enseignants-experts.

Interactivité, apprentissage collectif : les grands atouts du TBI pour la classe

Avec des approches complémentaires, Bernard-Yves Cochin, expert par l’éducation nationale en matière de TBI et initiateur du site TableauxInteractifs.fr et  Sébastien Venvielle, auteur de nombreux didacticiels TBI pour les enseignants énumèrent les avantages de ces surfaces pour la pédagogie.

interactive-whiteboards2Pour le premier spécialiste : « L’interactivité est vraiment ce qui fait tout l’apport du TBI et il est essentiel d’exploiter au maximum cette dimension. Utilisé comme un simple support de présentation, le TBI perd tout son intérêt et mieux vaut alors se contenter d’un vidéoprojecteur relié à l’ordinateur. »  Le second expert  axe également ses arguments sur l’intérêt de l’interactivité dans l’usage du TBI et précise les fonctionnalités qui permettent d’enrichir les scénarios pédagogiques et de varier les apprentissages : « Le TNI renvoie, par ses caractéristiques d’instrument informatisé, à une grande partie des supports d’informations que fréquentent les élèves, aujourd’hui, (dans et) en dehors de la classe. L’atout principal du TNI est qu’il possède une propriété  hypertextuelle. C’est à dire une structure en 3 dimensions dans l’espace et dans le temps : en effet, il permet de superposer plusieurs « tableaux » sur sa seule surface, avec tout ce que cela implique comme profondeur dans les possibilités […] Ces « couches » permettent sur un même écran, de visualiser les différentes étapes de la réflexion et de construire une nouvelle compétence à partir d’un document initial. »

À partir de ces fonctionnalités avancées, le TBI connecté à un ordinateur ou un réseau d’ordinateurs ou de tablettes permet une visualisation collective des documents projetés et une élaboration en groupe de documents enrichis. De l’apprentissage progressif, aux réalisations de ‘’brouillon’’ collectif  jusqu’au document finalisé, enregistré sur l’espace numérique de la classe  et visualisable ultérieurement sur cette même surface ou sur un terminal individuel tiers… les possibilités du TBI sont très larges et renouvellent, selon des études, à la fois l’intérêt des élèves et des enseignants.

Quant à l’éventuel débat sur la concurrence entre tablette et TBI, Bernard-Yves Cochin y coupe court avec des arguments en faveur de la complémentarité entre les différents outils numériques : « On pourrait inférer que l’arrivée de solutions tactiles individuelles peut remplacer les tableaux interactifs. Ce serait une énorme erreur, aussi importante que de dire que le tableau standard peut être remplacé par le manuel et le cahier. En revanche, ce qui peut être remplacé, c’est le manuel papier et le cahier par des tablettes et le tableau à feutres ou craies par des TBI. […]

La formation des enseignants : « un facteur stratégique » pour généraliser les usages du TBI

Très complet dans leurs fonctionnalités, les TBI nécessitent une prise en main qui peut rebuter certains utilisateurs. Passées les premières réticences (préparation de cours plus longue, nécessitant plus de structuration lors des premières utilisations du TBI), les enseignants pointent les avantages du TBI pour leurs scénarios pédagogiques et pour leur organisation sur le long terme. « Ils constatent un gain de temps dans la préparation des cours. Grâce au format numérique il est plus facile de réutiliser ou recycler des supports de cours d’une année à l’autre. Avec une certaine expérience de l’informatique (traitement de texte, recherche sur Internet, numérisation…), la construction des séances devient finalement plus facile et rapide, mais cela requiert bien sûr un apprentissage et une volonté de s’investir dans l’outil » souligne un article TableauxInteractifs.fr

Et c’est sur le point de la formation que le bât blesse souligne Bernard-Yves Cochin. Une raison qui peut expliquer le faible taux d’adoption du TBI dans certains pays européens, dont la France. « Au fur et à mesure du déploiement, la formation devient impérative. C’est pourtant le parent pauvre des opérations d’équipement. De plus, même quand cette formation est prévue, elle se limite trop souvent à une présentation des possibilités, voire à une simple mise en fonction. Dans le domaine de la pédagogie, c’est bien une formation en pédagogie qui est à prévoir. »

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Didacticiels, scénarios pédagogiques : des banques de ressources pour l’usage des TBI

Pour palier le manque d’accompagnement des enseignants à l’utilisation des tableaux interactifs, plusieurs sources en ligne existent pour à la fois se former au maniement de l’outil et trouver des applications pédagogiques quasi prêtes à l’emploi. En voici quelques exemples.

  • Exemples d’usage par matière avec les Didacticiels du webpédagogique proposés et organisés par matière par Sébastien Menvielle
  • Sur le web, une liste de ressources institutionnelles ou non, des listes de discussion et forums pour échanger entre utilisateurs de TBI, sélectionnés par TableauxInteractifs.fr
  • Par marque de TNI, discipline et niveau, la liste InterTNI publiée sur le CRDP de l’académie de Versailles
  • Des scénarios pédagogiques du primaire au secondaire par les académies de Nantes et de Poitiers
  • Pour l’apprentissage des langues étrangères, le catalogue iTILT avec des ressources en différentes langues. iTILT est un projet européen initié en 2011 par la Communauté européenne pour promouvoir l’utilisation du TBI dans l’apprentissage des langues.