Pour l’assistance à la conduite, la maintenance, la surveillance, les lignes de montage, la réalité augmentée constitue un atout technologique indéniable. Maintenant concurrencé par la réalité virtuelle pour les industries les plus avancées.

La réalité augmentée, à ne pas confondre avec la réalité virtuelle est une vue d’un objet ou d’un lieu physique dont les éléments sont enrichis par des données textuelles, chiffrées, sonores, graphiques, vidéo ou GPS. Les wearables comme les lunettes intelligentes (Google Glass, Vuzix par exemple) sont l’un des supports prometteurs pour ce type de technologie. Mais les tablettes et smartphones sont aussi privilégiés selon le contexte. Quant à la réalité virtuelle dont le casque Oculus, filiale de Facebook en est le fer de lance, c’est une technologie basée sur la simulation/reconstitution numérique intégrale d’un environnement.

réalité-augmentée-maintenance-industrielle_uneEn développement dans l’éducation, le tourisme, la culture, la distribution, donc orientée application pour le grand public, la réalité augmentée peut aussi trouver de véritables débouchés dans tous les secteurs professionnels comme l’a expliqué l’un des fondateurs de l’association RA’Pro à Clubic *« La réalité augmentée n'est rien de plus qu'une interface de visualisation de données. En raisonnant de cette façon, elle est donc potentiellement utile à n'importe quelle entreprise ».

Cette technologie et ses applications marketing ou métier font frémir les géants du digital. Après Google, Microsoft, c’est autour d’Apple d’explorer ce potentiel avec le récent rachat de Metaio, une entreprise allemande spécialisée en R.A., avec un portefeuille de clients prestigieux dans le retail (Ikea) ou dans l’automobile (Volkswagen à l’origine du projet Metaio ou Ferrari) comme le mentionne Aruco*.

Les constructeurs automobiles chouchoutent la réalité augmentée

À des fins marketing d’abord, à l’exemple du constructeur Skoda qui est un fervent utilisateur de la R.A. depuis 2010. En début de cette année, la marque a de nouveau créé l’événement, dans la gare Waterloo de Londres pour le lancement de sa nouvelle Fabia. Les passants étaient invités à s’installer dans un siège réel de voiture et à se projeter, par l’intermédiaire d’un écran au volant ou en passager d’un modèle personnalisé selon leurs couleurs ou leurs accessoires de préférence*.

Dans ce secteur automobile, ce sont aussi les nouveaux services d’assistance à la conduite qui sont principalement visés, avec l’affichage tête haute. Il est déjà pratiqué pour des informations relatives au véhicule (positionnement et directions par GPS, vitesse réelle et règlementaire). PSA démontre ses possibilités avec des informations plus complètes, relatives à l’environnement du véhicule (trajectoires, obstacles, etc.)*.

Un prototype Continental (photo ci-dessous) va encore plus loin et explore le potentiel de l’affichage virtuel sur la route, pour améliorer le réalisme et faciliter la compréhension des données par le conducteur selon l’Argus*.

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La R.A. au service des équipements et process industriels 3.0

Dans ce secteur, ce sont majoritairement les services aux opérateurs de terrain qui bénéficient de la réalité augmentée. Pour des opérations d’assemblage avec des wearables afin de garder les mains libres ou de maintenance mécanique, la R.A. est déjà introduite avec succès dans le secteur aéronautique, et automobile aussi.

Pour la maintenance de sites industriels, en France, SPIE Sud-Ouest et sa start-up UBleam se sont dernièrement illustrés avec une offre de gestion des installations qui préfigure l’usine du futur. Un système de tag et de détection 3D est interfacé avec une base de données de gestion de maintenance assistée par ordinateur (GMAO) et la tablette ou le smartphone d’un opérateur. La solution permet d’accélérer toutes les procédures ou interventions sur les équipements (traçabilité, détection de panne, réparation, sécurité)*.

Mais toutes les missions sur des zones ou objets sensibles et celles des agents de terrain peuvent être concernées : dans le bâtiment pour le suivi de construction, dans l’énergie et le nucléaire pour la surveillance des zones et d’équipements critiques.

Ce phénomène fait émerger selon Lionnel Joussemet, de la société Diotasoft, l’un des axes de fonctionnement de l’industrie 3.0 avec ‘’le décloisonnement du SI, des équipes d’ingénieurs et des agents de terrain’’ rapporte Silicon*. Et ce spécialiste est un observateur averti. Sa société, spécialisée dans les solutions R.A pour les industriels compte parmi ses clients Dassault, Air Liquide, Total, Renault, Volkswagen ou  Bouygues Construction.

Le prochain pas technologique sera la généralisation de la réalité virtuelle, star du dernier salon Industrie en France. Ces technologies ont déjà dévoilé leurs promesses comme la formation d’agents à des opérations complexes et dangereuses, conception de produit pour la construction navale, l’aéronautique et l’automobile, détaillées par le portail Techniques de l’Ingénieur*.

* Les références