Reconstitutions historiques et même juridiques, urbanisme, formation, éducation, santé, développement immobilier… le potentiel des applications de réalité virtuelle sort maintenant des usages purement ludiques. Exemples.

Paris-timescope_une

Prêt à remonter le temps place de la Bastille à Paris ? Grâce à une borne de réalité virtuelle, installée à l’angle du boulevard Richard Lenoir, il est désormais possible de s’immerger dans l’histoire du lieu entre les années 1416 et 1789. Bien mieux que les jumelles souvent installées dans les lieux touristiques, cette première borne de réalité virtuelle en libre-service permet de découvrir en 360° et en 3D la fortification désormais disparue et son environnement verdoyant. Le projet est signé par la start-up Timescope. Son prototype a été développé dans un FabLab puis encadré par 104 Factory, l’incubateur du Centquatre Paris. Cette reconstitution validée par des historiens laisse entrevoir le potentiel que la technologie offre aux acteurs culturels. C’est un créneau que Basile Segalen et Adrien Sadaka, les deux jeunes fondateurs de Timescope et leur équipe espèrent bien exploiter plus largement. Mais ce n’est pas le seul. Pour les développements d’urbanisme, la technologie apporte aussi les moyens pour les passants, les habitants d’un quartier de visualiser des projets de réhabilitation, d’intégration de nouveaux bâtiments.

Paris-bastille

Avions, marketing, industrie, smart city : Dassault évolue concrètement avec le virtuel

Depuis presque 15 ans, Dassault Aviation exploite la réalité virtuelle pour visualiser les différentes étapes de conception d’un avion dans son Virtual Reality Center installé à Saint-Cloud aux portes de Paris. Les ingénieurs peuvent ainsi s’immerger au cœur de la maquette numérique en temps réel et vérifier la pertinence de leurs propositions. Pour le constructeur aéronautique, l’usage de cette technologie en amont permet « d’améliorer la détection des erreurs en identifiant d’éventuels conflits dès la phase de conception ». À la clé, se jouent des suppressions de coûts relatifs à des modifications en production et aux opérations de maintenance optimisées par la prévisualisation.

Dassault n’est pas le seul industriel à utiliser l’immersion et la 3D pour valider les phases de conception. La technologie CAVE (Cave Automatic Virtual Environment) l’est par exemple dans l’industrie automobile. Chez Renault, cette technologie permet, entre autres, de valider l’ergonomie de ses véhicules. Mais ces environnements, sous forme de salles aménagées de projecteurs peuvent coûter plusieurs millions d’euros en mise en œuvre et en maintenance.

Pour Dassault, la réalité virtuelle doit se démocratiser dans toutes les entreprises et se mettre au service de leurs innovations. C’est pour aller dans ce sens que la division Systèmes du groupe développe 3DExperience, une nouvelle plate-forme  technologique d’environnement collaboratif vrituel. Elle est maintenant couplée aux capacités des casques de réalité virtuelle HTC Vive, moins coûteux et qui redonnent à l’utilisateur toute sa liberté de mouvement.

L’éventail des secteurs visés est large : design, distribution, équipements industriels, énergie, construction, ingénierie, etc.  L’association entre Dassault et HTC est concrétisée cette année par la présentation de la technologie dans quatre événements internationaux. Lors du World Cities Summit 2016 à Singapour en juillet, ils démontreront aux gouvernements et acteurs de la smart city le potentiel de la solution  3DExperienceCity en matière de modélisation, simulation et exploitation d’infrastructures urbaines.

Du marketing à la reconstitution juridique

À défaut d’être déjà une véritable technologie de rupture, la réalité virtuelle s’expose au travers d’expérimentations très variées. Avec Ikea, on peut simuler la création de sa future cuisine jusqu’à fin août 2016 grâce à une application HTC. En marge du registre marketing BtoC, d’autres secteurs peuvent être impactés par la technologie.

Reconstitution de scènes de crimes, visualisation 3D d’accidents pourraient prochainement en bénéficier. Des chercheurs suisses ont mis au point Forensic Holodeck, un logiciel pour recréer et visualiser tous les éléments d’une scène de crime (illustration ci-dessous) avec un masque de réalité virtuelle, utilisable dans l’enceinte d’un tribunal, par la police ou dans le cadre d’une reconstitution d’accident par les assurances.

réalité-virtuelle-crime