La fièvre des utilisateurs dès la sortie du jeu mobile en réalité virtuelle Pokémon Go a gagné en même temps le secteur du marketing mobile. Comment exploiter l’enthousiasme des chasseurs de monstres dans tous les espaces publics, sur les sites touristiques et près ou dans les surfaces de vente ? Les premières ‘’success stories’’ Pokémon Go laissent présager du potentiel de l’application pour la communication.

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Pour mesurer l’impact de Pokémon Go en chiffres, il faut parler en millions : 45 millions de joueurs quotidiens une semaine après le lancement de l’application gratuite aux USA, en Australie et Nouvelle Zélande, 14 millions de dollars de revenus en 15 jours juste avec les micro-paiements. Depuis le 6 juillet, 500 millions d’applications ont été téléchargées sur l’App Store et Google Play. L’action Nintendo s’est aussi envolée de 60% une semaine après ce lancement, avant de revenir à un niveau plus serein. Le géant japonais ne détenant qu’un tiers des droits de vote dans la co-entreprise Pokémon Compagny pour la licence Pokémon. En tout cas, le jeu développé par la société américaine Niantic Inc, en collaboration avec Google pour la géolocalisation est bel et bien un phénomène totalement inédit dans le secteur du gaming couplant mobilité, géolocalisation et réalité augmentée.

wearables-pokemongoplusQuestion : les bracelets connectés Pokémon Go Plus, commercialisés depuis le 16 septembre dernier vont-ils réussir à relancer une popularité qui s’est progressivement tassée au fil des semaines ? Ces nouveaux wearables, en précommande, entre autres, sur le store online de Nintendo au prix de 39,99 euros doivent faciliter la pratique des chasseurs de monstres virtuels. Le Pokémon Go Plus permet par exemple d’économiser la batterie des smartphones qui peuvent rester dans la poche et communiquer simplement par Bluetooth avec l’accessoire. Les fonctionnalités de ce dispositif seront bientôt compatibles avec les smartwatchs Apple et Android.

Ces petits et grands commerces devenus des attractions Pokémon Go

Cette folie collective a engendré d’amusantes anecdotes comme le message sur Facebook d’un commissariat de police australien invitant les joueurs à ne pas chasser les monstres dans ses locaux.

Pokémon Go a aussi fait émerger quelques premières réussites marketing et commerciales. Le chiffre d’affaires d’un bar-restaurant londonien devenu PokéStop* (image ci-dessous) a fait un bond de 26%. Aux USA, un café de la ville d’Atlanta a acheté des leurres* Pokémon Go avec un retour sur investissement de 400% et une augmentation de ses ventes supérieures à 27%. Mieux encore, une pizzéria new-yorkaise a vu ses ventes grimper de 75% le temps d’un week-end, grâce à 110$ d’achat de leurres. L’investissement est donc à la portée de toutes les bourses.

À plus grande échelle, McDonald est la première enseigne à avoir annoncé un projet de partenariat avec le jeu Pokémon Go pour développer les PokéStops et PokéGyms* dans son réseau et plus globalement des lieux sponsorisés* (Sponsored Location). Au Japon, la marque de fast-food a offert des Happy Meals à l’effigie des Pokémons et a enregistré une hausse de 23% de son titre en bourse. McDo a aussi profité de l’engouement pour Pokémon Go et déclinéson jeu de Monopoly en application mobile de réalité augmentée.

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Des idées pour utiliser Pokémon Go comme outil drive-to-store

À peine une semaine après le lancement de Pokémon Go, les articles sur le potentiel marketing du jeu pour les grandes marques et les petits commerçants ont fusé sur le web.

Communiquer sur sa proximité avec un PokéStop, demander la création de son propre PokéStop (au bon vouloir de Niantic) ou investir dans des leurres pour attirer les joueurs dans un établissement est évidemment une des idées pour profiter du phénomène Pokémon Go. Dans la ville de Québec, les PokéStops sont répertoriés sur Google Maps (image ci-dessous). Une application comme PokéWebGo alimentée par la communauté de joueurs localise aussi les PokéStops et les arènes.

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Les acteurs touristiques sont concernés au premier chef. Les sites emblématiques sont souvent des PokéStops. La ville de Nîmes a par exemple créé des Pokébus et un circuit touristique pour les joueurs. Des safaris Pokémon Go aux USA ont été organisés par un tour opérateur espagnol.

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L’opportunité vaut aussi pour les commerces à proximité d’un PokéStop qui peuvent donc exploiter cet atout comme le PUB universitaire de l’Université Laval à Québec (image ci-dessous), acheter des leurres et surtout communiquer sur leurs réseaux sociaux. Les exemples mentionnés montrent que Pokémon Go peut être une des stratégies drive-to-store porteuse.

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Les campagnes d’affichage en street marketing sont aussi une déclinaison envisageable. Comme l’anticipe INfluencia, un affichage peut devenir le premier point de contact pour conduire le joueur jusque sur un lieu de vente (Lieu sponsorisé) où pourraient lui être offert des récompenses pour le jeu et des promotions sur les produits en rayon. Si le business model et les accords avec la société Niantic Inc restent à trouver, déjà les idées ne manquent pas.

Sources : Actugaming, Le Monde, New York Post, Nintendo Online Store, Londonist, Felices Vacaciones, Redbull, La Réclame, INfluencia, L’Echo touristique

Le lexique Pokémon Go

  • PokéStop : zone virtuelle appliquée en R.A sur un lieu physique, permettant de récolter des objets utiles au jeu comme les Poké balls
  • Leurre (Lure en anglais) : objet virtuel pour attirer des Pokémons vers un PokéStop pendant un temps limité
  • Poké ball: balle affichée sur l’interface de l’application, pour capturer un Pokémon
  • Gymou arène : lieu de bataille pour les équipes de joueurs en ligne
  • Lieu sponsorisé (Sponsored Location) : lieu physique avec des Pokémons rares et pouvant accueillir des événements Pokémon Go pendant une durée limitée

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