GTB, GTC, BMS, BEMS, BIM… Voici un décryptage des acronymes régulièrement utilisés dans l’univers des bâtiments intelligents et de leur gestion.

Commençons d’abord par la GTB, la Gestion Technique du Bâtiment (ou BMS - Building Management System) qui s’impose désormais avec le développement des bâtiments connectés et les normes de réduction de l’impact environnemental du bâti inscrites dans la feuille de route des différents pays européens.

Connected-buildingLa Gestion Technique de Bâtiment s’appuie sur un système informatique. Il permet sur la base de données recueillies par les différents capteurs installés dans un ou plusieurs bâtiments de superviser et contrôler, en local ou à distance, l’ensemble des équipements et services, électriques ou mécaniques comme le chauffage, la ventilation, la température, l’alimentation électrique, l’éclairage, les systèmes de sécurité ou anti-incendie, la plomberie, la vidéosurveillance. « Un système GTB est constitué de plusieurs automates concentrateurs recueillant les informations des équipements ou des capteurs dans le bâtiment, d’un réseau reliant les concentrateurs au poste de gestion et d’un poste informatique de gestion équipé d’un logiciel de supervision » précise le portail Techniques de l’Ingénieur.

Les systèmes de GTB sont plus particulièrement destinés aux grandes infrastructures comme un tunnel par exemple, aux sites industriels (usines, data centers) ou tertiaires, et parc immobilier. Avec une surveillance 24h/24, 7j/7 et le lancement d’alertes, ils visent à optimiser la performance énergique des infrastructures, à s’assurer de la fiabilité des installations, de la continuité de leur fonctionnement. Ils permettent également de limiter les déplacements liés à la maintenance grâce à la possibilité d’interventions à distance. Les offres de systèmes de GTB sont portées par des acteurs traditionnels tels que Hager, Schneider Electric ou Siemens par exemple. Mais ce secteur est maintenant investi par de jeunes sociétés à l’instar de jeunes sociétés à jeunes sociétés à l’instar de Avob.

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L’exemple du parc immobilier public aux USA permet d’illustrer les enjeux de la GTB. Selon les services généraux du gouvernement, en 2013, les agences fédérales géraient au total 350 000 immeubles sur l’ensemble du territoire, totalisant plus de 300 millions de m² et pour un coût annuel opérationnel de 25 milliards de dollars. Le seul poste consacré aux dépenses énergétiques s’élevait à 7 milliards de dollars pour une année d’exploitation. Pas étonnant donc que les agences fédérales en charge de ces différents équipements soient incitées à implémenter des systèmes de GTB, à en exploiter les data via des solutions en mode SaaS et des services externalisés experts en data analytique pour en optimiser la portée (source FCW).

Pour la seule optimisation des besoins en énergies traditionnelles et renouvelables des constructions, on parle aussi en anglais de BEMS pour Building Energy Management System ou parfois simplement EMS.

La GTC, Gestion Technique Centralisée,  (CTM - Centralized Technical Management) est un sous-ensemble de la GTB comme l’explique Legrand : « La gestion technique centralisée, automatisée ou non,  désigne un dispositif qui a pour but d’optimiser la gestion d’un lot technique circonscrit, comme l’éclairage ou le chauffage. Elle est souvent intégrée à un ensemble plus vaste qui orchestre plusieurs sous-ensembles de GTC, la gestion technique du bâtiment (GTB). Il existe virtuellement autant de domaines d’application d’une GTC que de fonctionnalités liées à l’usage d’un bâtiment. Traditionnellement, on distingue cependant plusieurs lots techniques définis par domaine, soit parce qu’ils forment un sous-ensemble logique (la gestion de l’éclairage par exemple), soit parce qu’ils font l’objet d’une réglementation spécifique »
Lors de phases spécifiques d’exploitation de bâtiment, comme les opérations de maintenance ou de rénovation, le BIM (Building Information Model), la maquette numérique, avatar modélisé de la construction peut aussi être une source supplémentaire de données pour les gestionnaires, lors d’opérations maintenance ou de rénovation. Voir l’article emedia Le BIM ou la « Carte Vitale » digitale du bâtiment.

L’immotique (BAS - Building Automation System) est un autre élément de la terminologie autour des bâtiments intelligents. C’est un néologisme formé à partir du mot immeuble et du suffixe -tique en référence à l’informatique et à l’électronique. Ce terme a donc trait à l’ensemble systèmes physiques, informatiques, électroniques et de télécommunication, note la revue spécialisée des ingénieurs, et il inclut la GTB. Si l’on s’en réfère à la description de l’eu.bac, association européenne de régulation et  d’automatisation des bâtiments, « l’immotique allie tous les corps de métiers dans un bâtiment et optimise leurs interactions. L’immotique intelligente est à la jonction entre la GTB, les systèmes techniques et les utilisateurs du bâtiment ». À l’échelle des grandes constructions, c’est le pendant de la domotique.

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