Cet hiver encore les associations et leurs bénévoles sont sur le terrain. Au delà de leur courage et leur générosité, ils vont relever un vrai défi logistique pour collecter et distribuer les denrées alimentaires partout en France dans des délais très courts. Chez Emmaüs le défi sera relevé cette fois-ci avec l’aide du numérique.

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Les Restos du cœur, la fédération des banques alimentaires et Emmaüs sont devenus des plateformes logistiques dignes de multinationales. Ces associations caritatives font face à de vrais défis logistiques. En quelques jours la Fédération des banques alimentaires récolte par exemple plus de 12 000 tonnes de produits grâce à 130 000 bénévoles dans 9000 magasins. Les tonnes ainsi récoltées à la sortie de magasins sont acheminées vers les entrepôts de stockage de la banque alimentaire situés à Marseille. La banque alimentaire gère ensuite l’approvisionnement de 5 400 associations de la fédération à travers 79 banques locales et 23 antennes dans l’hexagone. Rien qu’en région parisienne, cela représente 120 semi-remorques pour transporter les 1800 tonnes collectées. Même problématique chez Emmaüs qui gère un parc de 18 000 conteneurs. Ces associations doivent aujourd’hui s’adapter et accepter leur transformation numérique pour réussir leurs missions.

Emmaüs passe ainsi au big data avec l’installation de capteurs connectés pour optimiser sa logistique. La société iSwip équipe aujourd’hui des centaines de bennes qui deviennent ainsi connectées. À terme la moitié du parc sera connecté.  Les conteneurs sont ainsi géolocalisés et l’association peut faire faire un détour à tout moment à un camion afin qu’il ajoute une collecte à sa tournée s’il n’est pas plein. « Les employés d’Emmaüs se rendent compte qu’ils font parfois jusqu’à 50 km pour vider un conteneur… vide. Or cela mobilise du personnel, des moyens logistiques et donc des coûts… », explique Emmanuel Torchy, fondateur d’iSwip au site RSLN. « L’idée, c’est d’être pro-actif et de ne se déplacer pour un conteneur que lorsqu’on en a besoin, c’est-à-dire lorsque le taux de remplissage est au-dessus de 50% ou quand il y a plusieurs conteneurs remplis de 30 à 40% pour faire un petit crochet. »

L’association souhaite aller plus loin notamment avec Microsoft France. Les données sont pour l’instant affichées sur un portail web hébergé dans Azure afin d’être récupérées et traitées pour générer une carte qu’ils consultent chaque jour. Emmanuel Torchy veut optimiser les tournées et la prédictibilité du trafic routier et étudie la mise en place d’un inventaire pour la maintenance. «A terme, cela permettrait aussi, dans les opérations d’analyse, de savoir si c’est intéressant, sur une période de quelques mois, de laisser un conteneur à un endroit précis et de le déployer ailleurs s’il ne recueille pas assez de dons. On pourrait aussi voir l’incidence directe d’une campagne de communication ou d’une braderie, foire etc. sur la mécanique de don. Cela permettrait  à Emmaüs de poser des conteneurs temporaires lors de certaines manifestations. »

La fédération des banques alimentaires et les Restos du cœur connaissent les mêmes problématiques logistiques avec pour ces derniers la gestion de plus de 15 000 tonnes récoltées et distribués dans plus de 2000 centres. Leur transformation numérique est inéluctable pour accomplir leurs missions chaque année plus grandes.

Sources : RSLNLe MondeMaddynessJob TransportL’écho Républicain