Les robots dans les blocs opératoires ou dans les airs, avec les drones pour les livraisons d’urgence ont le vent en poupe. Ils amorcent une médecine hautement assistée par la technologie. Mais qui ne remplacera pas les praticiens, rassurent les experts.

Les robots deviennent le nouveau bras armé de la chirurgie mini-invasive. Et la tendance à la robotique chirurgicale, longue à développer et à être agréée par les autorités ne fait que commencer. Mais elle bénéficie d’ores et déjà de très probantes références, à l’instar de ROSA. C’est le nom d’une gamme de robots chirurgicaux développés par MedTech. Cette société française a été créée au début des années 2000 par Bertin Nahum, ingénieur en robotique et génie électrique.  Ses innovations équipent de nombreux établissements hospitaliers dans l’Hexagone et aussi en Europe, en Amérique du Nord, Asie et Moyen-Orient.  Les robots de MedTech  ont déjà permis de traiter plusieurs milliers de patients.

Pour des interventions neurochirurgicales,  sur le cerveau avec ROSA Brain et sur la moelle épinière avec ROSA Spine, ces technologies permettent de pratiquer une chirurgie mini-invasive, plus précise et limitant les temps opératoires. Mais le bras robotisé n’est bien évidemment pas le seul maître à bord lors de l’intervention. Il reste l’assistant programmé du chirurgien pour guider les instruments dans le cadre de biopsie, d’implantations d’électrode ou de chirurgie à crâne ouvert, précise le site Medtech.

rosa-robot-chirurgie

« La robotique est capable d’apporter une vision supplémentaire aux chirurgiens et ainsi leur permettre la pratique de la chirurgie mini invasive [...] La robotique chirurgicale n’est pas une innovation technologique, c’est une innovation d’usage. Les technologies qui sont utilisées dans la robotique sont déjà utilisées depuis très longtemps, toute la difficulté réside dans le fait de les mettre en œuvre avec les contraintes spécifiques liées à la chirurgie.» Bertin Nahum, Medtech

La robotique médicale attire les investisseurs

Si Medtech fait partie des sociétés pionnières en matière de robotique chirurgicale, elle fait aussi des émules dans le secteur de la HealthTech. Tout récemment, Virtual Incision, une entreprise californienne s’est illustrée lors d’une première intervention abdominale, réalisée à l’aide de son du patient. L’entreprise vise maintenant son agrément auprès de la FDA aux États-Unis.

Et bientôt les ? C’est la piste logique que suivent actuellement les expérimentations comme celle du robot Star. Il a été testé avec succès pour suturer des tissus mous de cochon. Star aurait même ‘’surpassé la dextérité d’un chirurgien.

En tout cas, le secteur est plus que prometteur et intéresse les géants du digital et de la santé. ont par exemple lancé en 2015 Verb Surgical, une entité spécialisée. Son ambition : créer la chirurgie du futur en mettant plusieurs savoir-faire en commun : le machine learning, le data analytique et la robotique médicale.

Les investissements sont aussi massifs dans ce secteur : + 115% en 2015 pour l’ensemble des sociétés expertes en robotique industrielle, grand public ou médicale.  Et selon un classement CB Insight, entre 2011 et 2016, 3 des entreprises de robotique les mieux valorisées officient dans le domaine médical avec des capitaux compris entre 100 et 200 millions de dollars.

Ces drones qui peuvent sauver des vies

Dans des domaines moins spectaculaires et moins anxiogènes pour notre imaginaire que la chirurgie, les avancées de la robotique offrent de nouvelles perspectives. Les capacités des drones font partie des nouvelles technologies explorées pour les approvisionnements d’urgence de transport du sang, d’échantillons biologiques ou de vaccins.

Drones for Life est par exemple un projet français et le nom d’un consortium aquitain. Il vise le transport automatisé de produits médicaux en zone urbaine entre les établissements de santé.

drone-rwanda-zipline

L’expérience est aussi en cours en Afrique, au Rwanda pour la fourniture de produits médicaux à travers le pays. Le gouvernement s’est engagé avec une start-up de la Silicon Valley. Les drones électriques de Zipline (ci-dessus) sont capables d’acheminer des colis d’environ 1,5 kg sur une distance de plus de 100 km.