L’open source séduit une majorité d’entreprises en recherche d’innovation via le Cloud, la mobilité et l’exploitation des données. Cet intérêt grandissant entraîne aussi des acteurs traditionnels de l’informatique à l’ouverture. Même Microsoft fait, depuis peu, partie des membres de la fondation Linux.

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Tous les secteurs d’activité sont concernés par l’open source et les grandes entreprises en font un axe stratégique. Gartner a prédit la place grandissante que le marché de la data et de l’advanced analytics allaient s’octroyer. Parmi les solutions pour le développement d’algorithmes - ce que Gartner appelle ‘’l’algorithmic business’’, les capacités de l’open source soutiennent largement la comparaison avec les solutions propriétaires.

L’open source est une orientation prise par Airbus pour l’optimisation de la gestion des services informatiques (ITSM), le développement de projet et l’exploitation des données afin d’accroître ses performances. Un choix qui s’est imposé comme une évidence selon son responsable architecture IT : « dans certains domaines comme le Big Data, par exemple, il faut aller vers l’Open Source pour bénéficier des technologies les plus innovantes ».

À la SNCF, ce sont les besoins en maintenance prédictive qui ont débouché sur le développement d’algorithmes de machine learning à partir de logiciels open source.

Comme l’aéronautique et les transports, la fabrication, le retail ou la santé ont aussi mis un pied dans l’open source, avec le Cloud et la conteneurisation. Les acquis d’OpenStack (son marché est estimé à 1,8 milliard de dollars en 2016) dans ces différents secteurs d’activité et les perspectives en témoignent selon une étude 451Research.

Microsoft est maintenant membre de la fondation Linux ! La nouvelle est récente et symbolique car la firme de Redmond est déjà impliquée dans de nombreux projets open source. Aux côtés des pure players, l’arrivée progressive et régulière de géants traditionnels du numérique dans cette communauté laisse deviner les enjeux à venir.

La France a adopté l’open source

Paris a été la capitale européenne de l’open source les 16 et 17 novembre derniers avec l’Open Source Summit 2016. L’événement international pointe le dynamisme hexagonal dans le secteur privé. Côté institutions, les annonces du gouvernement en 2012 en faveur de l’adoption de l’open source n’ont pas forcément été suivies d’effets. La déception de la communauté ne doit pas masquer que le recours à l’open source est en pente nettement ascendante.

L’open source et le Libre ont convaincu la majorité des organisations. Dans l’Hexagone, elles sont plus de 80% à avoir recours à ce type de modèle, sans pour autant renier le modèle du logiciel propriétaire. Entre les deux options, le « choix est pragmatique et orienté vers la meilleure des solutions » selon l’observatoire Open Source établi par IDC.

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L’open source, facilitateur d’innovation technologique pour les secteurs ‘’SMACS’’ (Social, Mobile, Analytics, Cloud et Sécurité) est l’un des arguments principaux en faveur du modèle. Et avec une importante montée en puissance entre 2012 et 2015, l’open source a gagné sa légitimité technologique et économique. La situation est soulignée par l’un des responsables du CNLL (Conseil National du Logiciel Libre) et également d’Alter Way (société du groupe Econocom), spécialiste des services Open Source :

« À peine émergent il y a 15 ans en France, l'open source est devenu à présent un des secteurs clefs du marché des logiciels et services, que ce soit en termes de poids économique, de nombre d'emplois qualifiés sur le territoire français, ou de contribution à la dynamique d'innovation de la French Tech.» Philippe Montargès, co-président CNLL et Alter Way.

Les chiffres sur l’open Source et le logiciel libre en France démontrent effectivement l’impact de ce secteur. D’ici 2020, il pourrait représenter 13 % du marché hexagonal des logiciels et des services.

  • 84% des organisations ont recours à l’open source (Observatoire IDC 2015)
  • 15% de croissance pour le secteur en 2016 (CNELL)
  • 4,5 milliards d’euros de CA pour le secteur cette année, 4,1 mds en 2015 (Étude 2015-2020 PAC, CNELL, Syntec Numérique)
  • 10 salariés : 66% des acteurs sont de petite taille
  • 10 à 15 % de leurs revenus sont investis en R&D
  • 64% des organisations utilisatrices contribuent aussi dans le développement de l’open source

Entre création d’emplois et manque de compétences

Le secteur comptabilise 50 000 emplois actuellement sur le territoire. Et les prévisions d’embauche sont anticipées pour les prochaines années. Mais il doit aussi faire face à la pénurie de profils. Les plus recherchés sont des Bac+5, ingénieur ou master, pour des missions de consultant, chef de projet. Les architectes et administrateurs système sont également en haut de la liste.

Pour former les futurs professionnels de l’open source, la création de cursus spécifiques devient une nécessité. L’ouverture en 2016 de l’Open Source School (OSS) offre une nouvelle opportunité pour bénéficier d’une formation Bac+5 et sur 6 campus différents à Paris et en Province. L’OSS propose aussi des parcours certifiants en formation continue.

 

Sources : Gartner, ZDNet, Silicon, InfoDSI, Les Echos, JDN/OpenStack, NTBlog, Open Source Summit, JDN, CNLL & Syntec Numérique