Mais qu’est-ce qui pousse les grands acteurs comme Microsoft, Amazon Web Services (AWS), Salesforce, Google, Facebook ou Apple à ouvrir de nouveaux datacenters en Europe et en France ? Le point sur les annonces et la nouvelle réglementation européenne sur la protection des données qui motive, entre autres, ces implantations.

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La stratégie des leaders du Cloud et des services numériques est claire. Il s’agit de fidéliser et conquérir entreprises et administrations de l’UE. En 2018,  l’hébergement de données deviendra plus contraignant et harmonisé pour tous les pays de l’Union. Les acteurs Outre-Atlantique qui devront respecter ces obligations s’attèlent donc à étendre leur présence géographique et à jouer la carte de la proximité pour se mettre en conformité.

  • AWS se dit séduit par la dynamique transfonum et start-up en France et souhaite aussi répondre aux attentes des 80% d’entreprises du CAC40 déjà utilisatrices de ses services. AWS va renforcer ses implantations avec 3 nouveaux sites près de Paris qui complèteront ses 2 points de présence déjà existants en Ile-de-France et à Marseille.
  • Microsoft, fort d’un accord avec Renault-Nissan sur la voiture connectée projette également des installations en France pour les services Azure, Office 365 et Dynamics 365, sa plate-forme CRM/ERP. Des data centers Microsoft existent déjà en Allemagne et au Royaume-Uni.
  • IBM et Salesforce ont aussi développé leur couverture géographique. IBM déjà présent aux Pays-Bas, en Allemagne, Irlande, Royaume-Uni, France, Italie et en Hongrie a misé sur la région d’Oslo en Norvège pour renforcer sa présence. Salesforce a ouvert en région parisienne en fin de printemps son premier centre de données, la France étant l’un des 8 pays prioritaires et le 3e en Europe pour l’éditeur, qui compte entre autres un client de poids comme Schneider Electric.
  • Google a aussi dévoilé son plan d’expansion. Pour le Cloud public, il passe par la mise en œuvre dès 2017 de 25 datacenters dans le monde, dont 3 en Allemagne et 3 au Royaume-Uni. Celui en cours de construction au Pays-Bas à Eemshaven est aussi annoncé pour l’année prochaine et, argument supplémentaire, il fonctionnera avec des énergies renouvelables. Google est déjà présent en Irlande, en Finlande et en Belgique.
  • Facebook fourbit également ses armes avec la création d’une unité en Irlande et l’extension d’un centre de données en Suède. Une 3e implantation serait en projet au Danemark.
  • Apple vise aussi le marché européen avec la localisation de 2 data centers, le premier en Irlande et le second au Danemark pour délivrer ses technologies et services autour de l’App Store, d’iTunes Store, d’iMessage, de Maps et Siri aux citoyens européens. Apple a annoncé 1,7 milliard d'euros d’investissement et le recours aux énergies renouvelables pour limiter au maximum l’empreinte environnemental de ces installations.

L’Europe renforce la protection des données

Combinée avec la croissance de la demande Cloud, la GDPR* (General Data Protection Regulation - RGPD en français pour Règlement Général sur la Protection des Données) adoptée en avril 2016 est en partie à l’origine de cet engouement à développer des data centers en Europe. La GDPR est le nouveau règlement européen sur les données à caractère personnel. Il entrera en vigueur en mai 2018 et sera valable pour tous les types d’organisations : entreprises, associations, administrations, collectivités territoriales.

Au travers des nouvelles dispositions, l’Europe a globalement souhaité :

  • Standardiser et durcir les règles de protection et sécurisation avec une application aux 28 états membres en mai 2018. La règlementation se substituera aux législations nationales
  • Soumettre à la GDPR les organisations établies en dehors de l’Union ou non européennes proposant des biens et services numériques aux résidents européens.
  • Renforcer la sécurité des données dès la conception des produits (Privacy by Design), pour le stockage, au niveau des S.I., par des notifications aux autorités compétentes en cas de fuite de données.
  • Élargir le contrôle des citoyens sur leurs données avec le droit à l’oubli, au non-profilage, le consentement, la portabilité, la durée de conservation.

D’ici 2018, toutes les organisations, éditeurs d’applications et fournisseurs de services Cloud devront donc se mettre en conformité avec cette nouvelle règlementation.

 

Sources : L’Usine Digitale, Allthings Distributed, Silicon, LMI/Salesforce, LMI/Facebook, Reuters, Google, MacRumors, GDPR