Pour renforcer leurs capacités à innover rapidement et tester concrètement de nouvelles idées, les grandes entreprises se penchent de plus en plus vers les Fab labs, ces laboratoires destinés principalement au prototypage d’objets ou de services.

En France, comme partout dans le monde, plusieurs groupes industriels, ou non (Airbus, Dassault Systèmes, GDF Suez, Schneider, Renault, Orange, Bouygues*) ont déjà leur Fab Lab et s’apprêtent à les regrouper en une association, nommée Fab&Co. Elle a pour vocation de mutualiser les ressources, les bonnes pratiques et nourrir des réflexions autour de leur gestion ou de questions juridiques. Et également de s’ouvrir à terme à des entreprises étrangères, comme Sony, Google, etc. précise le magazine Industrie&Technologies*.

Les laboratoires des grandes entreprises à la recherche de l’esprit start-up

Airbus_flat-pack_cockpit_kitLa tendance grand public a donc aussi conquis les grandes entreprises qui ont décliné le concept sous la forme de Fab Lab corporate, intra-, inter-entreprises ou académique avec des universités et communautés de chercheurs. Ces initiatives participent du principe d’open innovation. En faisant intervenir les employés et collaborer des compétences interdisciplinaires, ils s’affranchissent des silos traditionnels des entreprises pour concevoir, prototyper (en illustration, prototype d’un cockpit chez Airbus), tester avec l’esprit start-up. Pour le responsable du Creative Lab Renault, un espace orienté sur les véhicules électriques, c’est l’opportunité de « redonner de l’élan à l’innovation du groupe […] de sortir les gens de leurs habitudes et de les confronter au réel » selon les propos rapportés par I&T*.

Comme pour l’innovation autour des technologies digitales, les Fab Labs sont aussi ouverts à toutes les idées quant à leur finalité.  À l’instar de l’i-Lab d’Air Liquid, ils peuvent aussi avoir une activité de « Think-Tank pour décrypter les tendances sociétales » selon I&T* ou enrichir  le dispositif d’un incubateur comme s’y emploie celui de Qualcomm Robotics qui met un Fab Lab* à disposition des futurs projets soutenus.

Ils peuvent également se présenter sous forme de participation à des projets pilote. C’est le cas à Barcelone où des groupes comme « Suez Environnement, Schneider Electric, Cisco,  Indra, Microsoft ou encore JCDecaux, transforment progressivement le quartier test de Poblenou, ancien quartier industriel, revalorisé en haut lieu de la technologie  en un laboratoire, en grandeur réelle. Ils y évaluent les technologies en phase de pré-commercialisation. Des capteurs de détection de présence sont installés sur des lampadaires, des places de parking ou sur des containers pour optimiser la collecte des déchets selon l’article d’UrbaNews* ».

L’Europe, championne du monde des Fab Labs publics

La tendance Fab Lab a démarré aux USA au début des années 2000*, au sein du MIT qui mettait à disposition de ses étudiants une plate-forme de formation dédiée à la maîtrise de machines-outils à commande numérique. Depuis le concept a évolué autour de différents champs de recherche, différentes technologies pour tester le potentiel d’une idée et la transformer en objet via les outils numériques.

MIT-fab-lab-logo_uneLe MIT a même élaboré une charte pour pérenniser l’esprit du concept, labelliser les initiatives hors les murs et créer un réseau international, regroupé en association depuis 2011. Elle recense plus de 240 Fab Labs en Europe sur 432 dans le monde*.

Toulouse sera un épicentre de ce phénomène en mai prochain avec son FabLab Festival. Parrainé par Axelle Lemaire, la Secrétaire d’état au numérique, l’événement sera ponctué de conférences avec des V.I.P comme Neil Gershenfeld, à l’origine du concept FabLab au MIT ou  Anjan Contractor, co-inventeur de l’imprimante 3D alimentaire pour la NASA.

Les Fab Labs : lieux de découverte, d’apprentissage et d’innovation sociale

Lieux d’échange, d’éducation, d’innovation sociale, de découverte des technologies digitales, les Fab Labs sont ouverts au grand public, aux communautés de makers avertis ou non, aux jeunes sous forme ludo-éducative, aux familles. Pour savoir ce qu’il s’y passe, jetez un œil par exemple sur les activités du récent Atelier des Beaux Boulons dans le centre-ville d’Auxerre ou celles du fablab Brighton en Angleterre.

fablab-cite-des-sciencesMais tous les nouveaux espaces d’échanges et de production numérique qui s’intitulent Fab Lab ne sont pas forcément labellisés MIT et ils n’ont évidemment pas une vocation à l’innovation business. Certains ateliers peuvent aussi être financés par un fabricant de solutions digitales, comme l’impression 3D, à titre de showroom et d’espace de test produits, tout en gardant l’esprit initial du concept et sa vocation grand public.

Certains naissent aussi avec une forte dimension autour de la citoyenneté 4.0. Comme à Barcelone qui exploite à toutes les échelles le concept. Dans sa volonté de devenir la ville intelligente modèle, la capitale catalane a aussi lancé l’idée de Fab City et créer le réseau Fab Ateneus. Le Fab City a pour vocation de donner aux habitants la possibilité de réinventer et gérer leur environnement, leurs modes de production et de consommation.

« Les protagonistes du projet Fab City se sont appuyés sur ce potentiel des Fab Labs, pour imaginer la création d’une quinzaine de « micro-usines de proximité » installées dans chaque quartier de Barcelone. Ces usines, autogérées par les habitants, seront capables d’assurer la production et le recyclage de biens et de services, en fonction des besoins des quartiers. Les machines, les matériaux et les ressources humaines des Fab Labs seront adaptés aux enjeux culturels, environnementaux et socio-économiques locaux » selon le magazine UrbaNews*.

*Les articles de référence