Technologiques mais avant tout dans l’optique de fournir de nouveaux outils pour un développement durable au service des citoyens, les enjeux des smart cities ou smart communities sont à considérer avec une approche systémique s’accordent à dire les experts.

smart-city_1Les technologies, créatrices de valeur ajoutée pour les communautés urbaines

Mi-novembre s’est tenu à Barcelone le Smart City Expo World Congress qui a rassemblé plus de 3 000 experts du monde entier venus partager leurs expériences et débattre de la ville du futur.  Nouveau type d’infrastructure numérique pour la ville, stratégie orientée vers les services aux citoyens, maîtrise des impacts environnements par une gestion des ressources, collaboration entre structures publiques, privées et communautés d’utilisateurs étaient les lignes de force des différentes interventions. Elles sont illustrées par les citations des intervenants reprises sur le site de l’événement :

  • « Le défi actuel est de savoir comment gérer l’information pour créer de la valeur sociale et économiser l’énergie (Antonio Marques).
  • Nous sommes convaincus que pour satisfaire les besoins de ses habitants, la ville doit chercher des solutions holistiques. (Eddie Bet Hazvadi).
  • Les villes intelligentes nécessitent une vision globale de la mobilité où circulation, transports, parkings et utilisateurs sont des concepts connectés (Jean Louis Fiorucci).
  • Nous devons intégrer l'informatique, l’énergie et les NTCI pour améliorer les conditions de vie dans les villes.
  • Avec les smart cities, la véritable opportunité aujourd’hui est de pouvoir construire l’architecture numérique de demain (Laura Ipsen)
  • Une collaboration sur le long terme entre les acteurs publics et privés est essentielle (Matts Lager)
  • La voie pour créer un plan de gestion en temps réel passe par la définition d’indicateurs, des systèmes technologiques intégrés, des services externalisés et l’implication des utilisateurs (Luis Reis). »

smart_cityLe concept de City-As-A-Service : intégrer les services par phase avec une infrastructure centralisée

Pour Eric Dresselhuys, Vice-président de la société Silver Springs spécialisée dans les plateformes de gestion de smart grid pour les villes (Conférence Future Cities), « la vision de la smart city est complexe et souvent très intimidantes pour les collectivités.  Comment doivent-elles démarrer leur stratégie de transformation vers la ville connectée ? » En créant d’abord une infrastructure informatique centralisée (comme à Rio de Janeiro par exemple), répond-il, pour implémenter d’abord une « canopée » d’applications et de services à valeur ajoutée pour les citoyens et vecteurs de ROI pour la communauté.

Les éclairages publics et les parkings intelligents sont des premiers pas pour expérimenter les systèmes intelligents et le management en temps réel. Ils ont l’avantage d’apporter aux usagers par les services et aux élus par les réductions de coûts une visibilité immédiate sur les bénéfices des nouvelles technologies, précise le Vice-Président de Silver Springs. Et c’est dans cette voie que s’orientent les municipalités et les fournisseurs de solutions informatiques, comme par exemple les expérimentations de boulevard connecté à Nice avec Cisco.

De cette intégration de services par étape est née la formule de Silver Springs de la City-as-a-Service, sur le modèle du Software-as-a-Service mais à l’échelle, non plus d’applications bureautiques ou métiers pour des utilisateurs en entreprise mais de l’environnement, de la santé, de la sécurité et de la qualité de vie pour tous les citoyens de la communauté.

Les smart grids : premier pas pour exploiter à grande échelle l’Internet des Objets

Avec une approche plus globale d’une gestion durable impliquant des acteurs privés ou publics, (et les institutions) comme les distributeurs d’énergie ou d’eau, les réseaux intelligents s’appuient sur tout le potentiel des nouvelles technologies digitales et de l’Internet des Objets. Ils permettent à la fois, avec des technologies informatiques complexes, une gestion proactive à un échelon régional ou national de la demande et des politiques tarifaires et au niveau des citoyens une gestion de leur consommation et de leurs équipements, voire même un changement de leur comportement grâce aux systèmes individuels connectés. La mise en œuvre de smart grids implique des investissements importants et sur le long terme comme l’installation de millions de capteurs et de compteurs intelligents (à Barcelone par exemple ou en France, les compteurs Linky) mais elle fait aussi appel à la participation active des utilisateurs car, comme ont souhaité le démontrer les experts invités au City Congrès de Barcelone, la ville ne peut devenir intelligente sans l’adhésion de ses citoyens.

En quelques chiffres : les challenges environnementaux et sociaux des territoires urbains

  • 3,6 milliards de personnes habitent actuellement dans des zones urbaines (McKinsey)
  • Les villes couvrent 2 % de la planète mais comptent pour 60 % des dépenses énergétiques (Geoff Kendall Dev Director of SustainAbility)
  • Les villes produisent 70 % des gaz à effet de serre (McKinsey)
  • 30 % de l’eau potable n’arrivent jamais à destination en moyenne dans le monde à cause de dysfonctionnement des systèmes de distribution ou des équipements particuliers, une perte de 14 milliards de dollars annuels (Banque Mondiale)
  • En Asie d’ici 2020, il existera 18 mégapoles de plus de 10 millions d’habitants chacune (Nations Unies)
  • 3 personnes sur 5 vivront dans les villes d’ici 2030 (Nations Unies)