L’industrie 4.0 ou Industrie du Futur misent maintenant sur les robots connectés au Cloud et dotés d’une intelligence artificielle impressionnante. Derrière les pays leaders dans le domaine du robot industriel, Japon, USA, Allemagne, la France tente de sortir son épingle du jeu avec la robotique de service personnelle et professionnelle.

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«La robotique constitue une nouvelle frontière et peut être la prochaine grande révolution industrielle, comparable à l’Internet, avec un marché estimé pour la seule robotique de service, à 100 milliards d’euros en 2020 par la Commission européenne, un marché multiplié par 30 en 10 ans» annonçait le portail de la Direction Générale des Entreprises française lors du lancement du plan Usine du Futur. En 2015, lui a succédé  destiné à la modernisation du secteur et plus global, incluant robotique avancée, Big Data, Cloud, réalité augmentée et impression 3D.

En matière de robotique industrielle, en 2012 en Europe, la France faisait figure de pays sous-développé, 34 500 robots, contre 62 000 en Italie et 150 000 en Allemagne, selon les données du rapport Louis Gallois au gouvernement. Du côté des fabricants, l’Hexagone est aussi confronté au sérieux handicap de la concurrence. Les leaders en France comme le Groupe Gorgé (robotique mobile), Sepro ou Stäubli  pour la robotique industrielle,  RB3D pour la cobotique sont sévèrement devancés, entre autres par les entreprises allemandes, américaines et japonaises. Et, alors que la robotique industrielle n’est plus vraiment une innovation en soi, ces sociétés passent à l’ère du robot connecté, de l’intelligence artificielle pour prendre une nouvelle longueur d’avance.

 

Les Cobots, les nouveaux robots collaboratifs qui profitent des capteurs et du Cloud

Le constructeur allemand Kuka et le japonais Fanuc commencent en effet à exploiter pleinement le potentiel de l’Internet des Objets et à marier robotique et informatique pour faire de leurs robots de véritables assistants intelligents.

Le constructeur allemand Kuka a déjà intégré un robot collaboratif sensitif sur les chaînes de montage de constructeurs automobiles, Volkswagen par exemple. Le robot, équipé de capteurs et dirigeable à la main est capable de détecter un contact inopiné avec un opérateur et ainsi d’améliorer la sécurité des techniciens sur les chaînes de montage.

Cette année, Kuka a fait le pari de transformer son robot léger iiwa en un collaborateur encore plus intelligent en le connectant au Cloud, en partenariat avec Microsoft. Grâce à cette innovation, le robot en action peut alerter par message en cas de problème. Ce message sera relayé sur l’ordinateur, la tablette ou la montre connectée d’un agent de maintenance. Le robot dispose également d’un système de reconnaissance visuelle associé à un système d’auto-apprentissage.

Chez Fanuc, leur dernier modèle et premier robot collaboratif baptisé CR-35iA (ci-dessous) est dédié à la manipulation de charge lourde, jusqu’à 35 kg. Il est doté de capteurs de vision pour reconnaître des pièces en vrac et les remettre à l’opérateur. Pour assurer sa sécurité, le robot est aussi doté d’une enveloppe sensitive et peut s’arrêter en cas de contact.

cobot-Fanuc-CR35iA

Mais l’entreprise japonaise va plus loin dans l’innovation pour le smart manufacturing. En intégrant la technologie de machine learning, le robot devient un apprenant super efficace et autonome. Equipé d’une vidéo qui enregistre toutes ses actions, les bonnes comme les mauvaises, il est capable d’apprendre une tâche en 8 heures, avec une fiabilité à 90%.  Et les ingénieurs voient encore plus loin. En connectant 8 robots dotés de cette capacité et en mettant en commun leurs ‘’connaissances’’ via le Cloud, l’apprentissage d’une tâche peut être limitée à 1 heure seulement.

La résistance s’organise en France

« Faire de la France l’un des 5 pays leader en Europe d’ici 2020 dans les domaines de la robotique de service à usage personnel et professionnel, de développer une offre française mondiale en matière de cobotique et de machines intelligentes » faisaient partie des objectifs de France Robots Initiatives lancés en 2013 . Depuis, sous forme d’appels à projets pour l’innovation, de regroupement de filière, clusters et pôles de compétitivité tentent de mettre l’Hexagone à l’heure de la robotique de pointe. Coboteam est le nouveau cluster de la région Auvergne-Rhônes-Alpes dédié à la robotique et à la cobotique. Il a été labellisé en juillet 2015. Il a été précédé par le cluster Aquitaine Robotics, Robotics Place en région Midi-Pyrénées ou le pôle de compétitivité ViaMeca.

Trois événements, dont deux cette semaine et un au mois de mai prochain donneront également de la visibilité à toutes les innovations françaises mais aussi mondiales en matière de robotique et d’Internet des objets :

  • Salon Industrie Paris jusqu’au 8 avril à Paris Nord Villepinte
  • SIdO, salon des objets connectés à Lyon, avec une section robotique les 6 et 7 avril à Lyon
  • Innorobo, à Paris, du 24 au 26 mai