« La maquette numérique est un excellent outil de travail collaboratif, de la conception à l’exécution, en passant par la gestion du bâtiment » expliquait Cécile Duflot lors d’un point sur les futures normes de construction. Cette maquette numérique induit de nouvelles méthodes de travail pour tous les acteurs, des économies à toutes les phases du cycle de vie du bâtiment et l’émergence de nouveaux métiers spécialisés.

« L’objectif, précisait celle qui était aux commandes du Ministère du logement jusqu’en mars 2014 au journal Le Moniteur*,  c’est d’avoir demain une véritable Carte Vitale du bâtiment qui permet aux professionnels et aux habitants de conserver la mémoire de toutes les étapes de la construction et de la rénovation, ou encore de réaliser des économies de matériaux ». En parlant de Carte Vitale, la Ministre reprenait la formulation d’un rapport sur le BIM et la gestion de patrimoine remis au gouvernement au printemps dernier*.

Suite à une directive européenne de 2014, le BIM (Building Information Model) ou la maquette numérique va devenir une obligation en France d’ici 2017 pour les marchés publics a confirmé  Sylvia Pinel, l’actuelle Ministre du logement été de l’égalité des territoires. Le BIM sera adopté en Grande Bretagne en 2016, en Allemagne en 2018. Les pays du nord de l’Europe (Pays-Bas, Finlande, Danemark et Norvège) l’ont déjà mis en œuvre.

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Le BIM, c’est l’ère du bâtiment 2.0, de sa conception à sa démolition

Comme l’explique Le Moniteur*, ‘’le BIM est à la fois un logiciel, une base de données, un processus collaboratif voire une méthode de management. La maquette numérique contient une base de données et une représentation graphique, en 2D ou en 3D, du bâtiment’’. Les auteurs du rapport ‘’BIM et Gestion du Patrimoine’’ ajoutent que « plus précisément, la base de données associée à la maquette numérique contient l’ensemble des composants techniques du bâtiment. Des composants traités comme des objets et à chaque objet peuvent être associées des caractéristiques techniques, marque, modèle, taille, résistance au feu, acoustique [...] une sorte d’avatar virtuel du bâtiment ». Les 2 terminologies BIM et maquette numérique sont actuellement utilisées sans différenciation, bien que le BIM concerne l’intégralité des processus de travail et de coordination, et la maquette numérique est plus appliquée aux phases de conception, complétée en phase construction, et destinée à être utilisée par le maître d’ouvrage durant l’exploitation du bâtiment précise ArchiBat*.

Pour être plus concret, voici la définition de MediaConstruct, association qui regroupe tous les acteurs du BTP en faveur d’une maquette numérique standardisées (Open-BIM) pour en favoriser son adoption : ‘’en tant que processus métier de génération et d'exploitation des données du bâtiment pour concevoir, construire et exploiter le bâtiment lors de son cycle de vie, le BIM est un process d’échanges autour de maquettes numériques dans un esprit de travail collaboratif interne à une entreprise ou interprofessionnel’’.

Le BIM concerne tout le cycle de vie du bâtiment et tous ses acteurs

Le BIM n’est donc pas seulement réservé aux phases de conception et de coordination des différents corps de métier pendant la construction. Elle englobe tout le cycle de vie du bâtiment, prend en compte tous les équipements pour intégrer l’ensemble dans un écosystème complet incluant les infrastructures urbaines, les équipements, les services. Le BIM concerne donc tous les acteurs : concepteurs, entreprises, fournisseurs de produits, de technologies et services, citoyens et utilisateurs, collectivités et pouvoir publics.

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Un salon spécialisé, le BIM World*, ouvre pour la première fois ses portes à Paris les mercredi 25 et jeudi 26 mars prochain. Il accueillera ce vaste éventail d’acteurs.

Le BIM, c’est avant tout l’ère de la donnée numérique pour le bâtiment

La description des enjeux du BIM sur le site de ce nouveau salon donne la mesure de l’importance des datas pour le BIM : ‘’les technologies 3D, de réalité augmentée ou virtuelle, les SIG, le Big Data, l’Open Data, le Cloud, les Smart Grids,… s’interfacent maintenant aux maquettes numériques des bâtiments et infrastructures, ouvrant de nouveaux champs d’innovation et de service’’. Et ces ensembles de données visent à générer des économies durant toute la vie du bâtiment : conception, construction, entretien, exploitation jusqu’à la démolition.

Des métiers en devenir avec le BIM

ArchiBat RH encourage tous les acteurs concernés à mettre à jour leurs connaissances et leurs équipements informatiques pour s’adapter rapidement aux nouvelles méthodes et outils de travail. Des formations initiales et continues sont d’ores et déjà dispensées par les grandes écoles en France (Pont ParisTech, Arts et Métiers, Ecoles d’Architecture) ou des organismes privés.

Le profil de BIM Manager est également en train d’émerger dans les bureaux d’études, cabinets d’architecture et groupes du BTP note BatiActu Emploi* qui en dresse son portrait-robot : "C’est souvent un jeune ingénieur ou architecte expérimenté qui a des affinités avec l’outil informatique, décrypte le cabinet de recrutement Hays. Il dispose d’une connaissance parfaite des mécanismes de construction virtuelle et de documentation." Ce BIM manager intervient, en étroite relation avec le directeur technique du projet, dont il est l’adjoint ; met en place le plan BIM du projet et ses règles de réalisation. Et enfin il prépare les réunions de coordination, assemble les maquettes et réalise les rapports de conflits consacrés aux interférences des différentes copies de la maquette.

*Les articles de référence