Pour observer, alerter, éduquer sur la pollution de l’air ambiant, des réseaux locaux, régionaux, nationaux et internationaux échangent leurs données de surveillance et leurs prévisions. La plupart sont accessibles en ligne et sur des applications mobiles grâce aux techniques de modélisation et de cartographie. Un premier pas pour sensibiliser le grand public, voire à terme, modifier nos comportements.

Prev-air

Pour lutter contre la pollution de l’air intra-muros, Paris sera la première ville en France à appliquer dès le 1er juillet prochain des restrictions de circulation aux véhicules antérieurs à 1997 et à 1999 pour les deux-roues.  C’est donc l’ensemble de la Capitale qui est maintenant concernée, après la mise en place en 2015 de LEZ (Law Emission Zones) dans certains quartiers. Bordeaux, Grenoble et Strasbourg seraient prêtes à en faire de même.

Pour de nombreuses villes d’Europe, Londres, Anvers, Milan, etc., ce type de mesures est déjà appliqué depuis plusieurs années et le site Urban Acess Regulations les recense. L’initiative parisienne a remis au centre de l’actualité les enjeux de santé autour de la qualité de l’air.  Un réseau de plus en plus dense d’organismes est en charge de la mesurer.

pollution-airparifUn maillage très complet dans l’Hexagone

En Ile de France, Airparif est l’organisme qui surveille la qualité de l’air depuis 1979 grâce à des stations automatiques de mesures, installées dans un rayon de 100 km. L’association base sa veille sur 50 stations permanentes. La carte interactive indique leurs emplacements, l’indice de pollution et la liste des polluants. Airparif s’appuie aussi sur deux autres dispositifs : plus d’une dizaine de stations semi-permanentes à proximité des grands axes et des analyses ponctuelles pour détecter la densité de certains polluants sur des zones restreintes.

6 millions de données sont enregistrées annuellement, exploitées par des outils numériques, validées par les techniciens pour être converties en modèles de carte, de prévision, d’alerte d’épisode de pollution ou de comparaison. Ces dernières s’effectuent à partir de plusieurs indices, ceux d’Atmo France, l’indice européen Citeair ou selon les critères établis par les directives européennes ou les recommandations de l’OMS, précise le site Airparif. Une majorité de ces informations est accessible au grand public via le site Internet de l’Association et une application mobile (photo ci-contre).

30 associations régionales couvrent aussi le territoire. Ces AASQA (Associations Agréées de Surveillance de la Qualité de l’Air) sont regroupées au sein de la fédération Atmo France. Les missions de ces associations sont déléguées par l’État et elles travaillent avec les collectivités territoriales et les acteurs économiques. Atmo France coordonne actuellement la création d’une ‘’carte stratégique Air’’. Annoncée avec le dernier plan de santé environnement du gouvernement, elle se veut un outil permettant d’intégrer le critère de la qualité de l’air dans les projets d’aménagement et d’urbanisme et d’identifier les zones où la population pourrait être être exposée à des dépassements réglementaires (crèches à proximité d’axes à fort trafic par exemple).

Pollution-AASQA

Le Laboratoire Central de Surveillance de la Qualité de l’Air (LCSQA) intervient en renfort scientifique et technique de ces associations pour l’amélioration de la qualité des mesures et assurer le lien entre la recherche et l’application terrain. Il recense également les indices de qualité de l’air et les prévisionnels à J+0 et J+1 dans de nombreuses villes françaises.

Depuis 2003, PREV’AIR est une plate-forme nationale de prévision de la qualité de l’air pour prédire et cartographier les concentrations de polluants atmosphériques. Pour formuler ses prévisions, elle travaille sur plusieurs sources de données, françaises et européennes : émissions par secteur d’activité et météorologie, données statistiques et cartographiques (illustration en introduction).

Plusieurs programmes européens

Au niveau européen, les services CAMS, intégrés au programme Copernicus pour l’observation de la terre, fournissent des prévisions par heure et à J+3 sur l’ensemble de l’Europe. Le projet CITE’AIR Air Quality in Europe apporte lui aussi des données par heure et jour et des moyennes annuelles sur la qualité de l’air dans plus de 90 villes européennes. La mise en place de cette plate-forme de données a demandé 7 années afin de collecter les informations des différents systèmes de surveillance en région et dans les villes. obsAIRve est un autre programme relatif à la qualité de l’air en Europe. Il vise à modéliser les données, informer et sensibiliser le grand public autour de la pollution et de ses enjeux grâce au site internet et à une application mobile. Ozone, particules, qualité générale de l’air, la visualisation va de J-1 à J+3.

pollution-europe

La base de données mondiale de l’OMS

La Global Urban Ambient Air Pollution Database a été créée à partir des réseaux nationaux et internationaux de mesures. Cette base regroupe les indices de 103 pays et de 3 000 villes. Le dernier constat est accablant : 80% de la population vivant dans des zones urbaines surveillant la qualité de l’air sont exposés à une pollution aux particules fines, supérieure aux normes de l’Organisation mondiale de la Santé.

Pollution_OMS