Un enseignement à grande échelle mais adapté en temps réel aux besoins de chaque apprenant, et avec des coûts optimisés, tel est le potentiel qui se cache derrière l’adaptive learning.

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En conjuguant algorithmes, big data, intelligence artificielle et sciences cognitives, l’adaptive learning appliqué aux supports en ligne (cours, exercices, tests) et aux parcours d’apprentissage dans leur ensemble permet de proposer des solutions adaptées au profil, au rythme et aux difficultés de chacun.

L’adaptive learning est actuellement une tendance émergente dans l’éducation, explorée par des universités, organismes et éditeurs œuvrant dans le secteur de la formation initiale et continue. Le phénomène est déjà visible aux USA (5% des universités le pratiquent), au Japon et en Australie où des Edtech se sont aussi spécialisées dans la technologie. Elle reste encore à l’état expérimental et demande des investissements conséquents, amortissables avec la croissance du nombre d’étudiants servis. Le coût par cours/étudiant/semestre est évalué dans une université américaine entre 100 et 200 dollars.

L’adaptive learning fait aussi des adeptes en Europe. C’est par exemple devenu le nouvel atout innovation dont s’est doté Hachette. L’éditeur a récemment signé un partenariat avec Knewton, une EdTech américaine, leader dans ce domaine.  L’objectif de Hachette Livre en France (Hachette Education, Hatier, Didier et Foucher), souligné par NousVousIls, est de ‘’s’appuyer sur la technologie Knewton pour générer, à partir des contenus et à travers les algorithmes de Knewton, des parcours pédagogiques interactifs qui s’adaptent en temps réel au profil de chaque utilisateur’’. Les premiers produits issus de cette technologie seront commercialisés dès l’année prochaine a promis l’éditeur.

Une véritable révolution pour l’éducation : c’est en ces termes que nombre d’articles sur le sujet parle de l’adaptive learning. En quoi ces technologies  appliquées à l’enseignement peuvent-elle être si disruptives et devenir « une perspective formidable pour les enseignants » selon les dires de Carole Percet-Guibourg, directrice du Développement numérique éducatif de Hachette Livre ?

Les projets de la célèbre maison d’édition en donne un bon aperçu.  ‘’ Des solutions d’apprentissage en ligne seront proposées individuellement aux élèves à partir des réponses qu’ils feront sur un site créé à cet effet. L’objectif est de donner à chaque écolier, lycéen et étudiant, les ressources les mieux adaptées à leur mode d’apprentissage. Ainsi, si l’algorithme détecte que l’élève apprend plus vite avec de la vidéo, le site en ligne lui en proposera davantage. « Ces parcours permettront aussi de repérer ce qu’un élève a acquis et ce qu’il lui reste à acquérir » a précisé Carole Percet-Guibourg.

« Les systèmes d’apprentissage adaptatifs peuvent s’ajuster en temps réel aux interactions de l’apprenant avec les matériaux éducatifs proposés. Pour l’apprentissage d’une langue étrangère par exemple, avec un même matériau de base, un étudiant pourra être incité à approfondir le temps des verbes, tandis qu’un autre le sera sur l’enrichissement de son vocabulaire.» Tyton Partners

Une révolution pour qui ? Pour l’apprenant tout d’abord qui disposera de supports et d’une progression en adéquation avec ses besoins. On sort du schéma de la solution unique pour tous (one size fits all) pour évoluer  vers des programmes sur-mesure. C’est aussi une remise en cause pour l’enseignant. Comme avec l’ensemble des outils numériques, l’adaptive learning l’engage à plus se positionner comme un guide pour les étudiants, dans un système éducatif hybride, à l’instar du format de la classe inversée. C’est aussi un phénomène qui impactera les équipes techno-pédagogiques, en les encourageant à penser différemment les notions de progression dans l’apprentissage.

L’adaptive learning va-t-il enterré les MOOC ? Pour l’enseignement supérieur, c’est en tout cas le sentiment qui se dégage d’une étude relayée par le rapport ‘’Learning to adapt’’ de Tyton Partners. Cette méthode aurait pour 66% des répondants un impact supérieur aux MOOC grâce à son potentiel de détecter les forces et faiblesses de chaque participant.   C’est effectivement un pas supplémentaire par rapport à un MOOC qui propose, et c’est déjà une avancée par rapport aux cours magistraux en présentiel, de revenir librement selon ses besoins ou les résultats de QCM sur les notions déjà abordées.

Sources : NousVousIls, Tyton Partners