Cocorico! La FrenchTech et l’innovation digitale en France affichent un dynamisme notoire. Le soutien aux start-up, leur mise en réseau, une meilleure visibilité sur le territoire et à l’international, et aussi le talent et l’augmentation de la maturité numérique ont débouché en 2016 sur des levées de fonds régulières, et donc des perspectives encourageantes.

startup-financement

93 millions d’euros sur une semaine en septembre, 87 millions en une semaine d’octobre, 377,25 millions au total pour le mois de novembre, 70,3 millions pour la semaine du 3 au 9 décembre dernier… Régulièrement, les investissements en faveur des jeunes entreprises innovantes françaises sont décryptés et comptabilisés par Maddyness, le JDN ou L’Usine Nouvelle.

Quels sont les secteurs les plus porteurs ? Au mois de novembre dernier, ce sont les domaines de l’Internet des objets, du retail ou des medias qui ont eu le plus de succès, soit en montant de financement, soit en nombres d’opération, selon le JDN.

startup-financing

Des financements en forte progression

La liste pour 2016 a sans doute de quoi booster le moral des jeunes entrepreneurs qui ont des idées. Et leurs espoirs ne sont pas vains selon les indicateurs soulignés par le Directeur exécutif de l’innovation de BPIfrance.

L’organisme a multiplié par 6 ses cofinancements en 3 ans. Entre 2012 et 2015, elle a accru son soutien de 500 à 3 000 start-up. Les fonds d’investissement français ont aussi presque doublé pour suivre la progression des financements privés, mentionne également Paul-François Fournier.

« Les fonds étrangers regardent de plus en plus la France comme une terre d’investissement » Paul-François Fournier, BPIfrance

Les start-up ont aussi la cote dans l’industrie. C’est un autre indicateur qui porte à l’optimisme, selon le bilan IDC/Syntec Numérique, les industriels français sont prêts à miser sur le jeune écosystème hexagonal d’incubateurs et de start-up dont celui de la FrenchTech pour les accompagner dans leur transformation numérique.

innovation-digitale-industrie

Le petit club français des levées à 100 millions € et des licornes

Autre tendance remarquable : certaines start-up françaises s’affichent comme des championnes du genre en décrochant des levées de fonds supérieures à 100 millions d’euros à partir de 2015. La liste est restreinte mais compte Sigfox, créé en 2012 (dernière levée en date 150 Ms€ en novembre 2016), Devialet (100 Ms€ pour ses enceintes connectées, aussi en novembre) et BlaBlaCar (177 Ms€ en 2015).

frenchtech-licorneBienvenue dans le club des licornes : les licornes sont ces start-up évaluées à plus de 1 milliard d’euros mais non cotées en bourse. BlaBlaCar, la plate-forme de co-voiturage lancée en 2004, maintenant présente dans 21 pays et cumulant quelque 40 millions d’utilisateurs est entrée dans ce cercle très fermé en 2015, aux côtés de Vente-privée et Criteo. Sur ce point, les start-up hexagonales ont encore leurs preuves à faire. La France qui ne compte donc que 3 licornes n’est pas une tête de proue en Europe qui en cumule 47, listées par GP Bullhound. L’Angleterre, la Suède et l’Allemagne affichent respectivement 18, 7 et 6 jeunes entreprises dans ce gotha.

Et bienvenue aussi dans le palmarès Fast 500 Deloitte. Si la France reste encore timide au niveau européen pour les jeunes entreprises valorisées à plus de 1 milliard, en revanche, elle bat un record pour les entreprises dans le secteur des technologies émergentes (soft et hardware, cleantech, biotech, mobilité, media) qui détiennent un taux de croissance de leur C.A à plus de 2 chiffres. Ce sont sur ces critères que le cabinet Deloitte effectue son classement Fast 500 EMEA.

 94 jeunes pousses françaises y sont répertoriées dont 2 dans le top 10 : Horizontal Software (création en 2010 autour de solutions RH),  Chauffeur Privé (création en 2012 pour réserver un VTC). Ces 94 start-up classent le pays en 1re position en 2016.

Hub technologique européen : Paris muscle son attractivité

La Capitale se taille aussi une bonne part de gâteau dans ce nouveau dynamisme. Elle attire un nombre toujours plus important de petites et moyennes start-up et se classe, selon l’étude CBRE en 2e position en Europe, derrière Londres et devant Berlin, Munich et Madrid.

À Paris, les incubateurs comme la Halle Freyssinet ou Le Cargo, les écoles spécialisées comme l’école 42 participent grandement à cet élan, analyse La Tribune. Les critères de CBRE sont basés sur la croissance, les emplois dans le secteur technologique, le nombre de m² en bail par année, le nombre de start-up créées et de brevets déposés, et enfin leur attractivité auprès des jeunes talents et des diplômés.