Le principe de pédagogie inversée ou flipped classroom fait l’objet d’un intérêt grandissant de la part des professionnels de l’éducation. Une recherche a récemment montré l’impact positif de cette approche sur les élèves les moins performants avec le système traditionnel.

education-classe-inversée_une

Le concept de classe inversée est loin d’être nouveau. Il a été introduit au début des années 90 pour un professeur de l’université de Harvard et décliné à titre expérimental depuis par de nombreux enseignants en recherche d’innovation.

« La classe inversée n'est pas un engouement passager importé des Etats-Unis mais l'aboutissement d'un mouvement ancien, celui des pédagogies actives » Catherine Becchetti Bizot

La Directrice du numérique éducatif au ministère de l’Éducation nationale parrainait en juillet un congrès sur la classe inversée présenté par le Café pédagogique. C’est lors de cet événement qu’ont été mis en avant les différentes études et des retours d’expérience sur cette pratique. Une organisation différente pour les enseignants et un temps de préparation plus long pour créer les documents multimédias à visionner par les élèves avant la classe est un 1er constat mais gratifiés de résultats encourageants : l’augmentation des performances des élèves rétifs au système traditionnel, plus motivés à étudier les nouvelles notions à la maison et à obtenir de bonnes notes lors des contrôles avant chaque cours.

Selon Vincent Faillet, auteur d’une étude sur des classes de sciences physiques et chimiques, publiée dans la revue sticef :

« La classe inversée, dans les conditions de cette étude, est un outil de remédiation performant pour redonner ponctuellement de l’allant à certains élèves du lycée dépassés par un système trop souvent transmissif et pas assez permissif. »

Cette étude, effectuée sur un petit échantillon montre parallèlement que les élèves les plus adaptés aux méthodes classiques, avec une bonne qualité d’écoute et d’interaction en classe ont été déroutés par l’expérience mais sans conséquence sur leur moyenne générale. Comme le précise Vincent Faillet : « il est facile pour un élève adapté au modèle transmissif de s’y épanouir et d’y performer ».

Différenciation, suivi individualisé des apprentissages pendant la classe sont sans doute des mots clés pour la classe inversée comme en témoigne pour VNI Nicolas Lemoine, professeur de mathématique en collège : « je ne perds plus 25 minutes à écrire au tableau… ce temps gagné permet de doubler le temps de travail sur les exercices…chaque groupe avance à son rythme… je peux passer plus de temps avec les élèves en difficulté ».

Pour les enseignants, créer une classe inversée ne s’improvise pas. Si cette nouvelle pratique, selon les résultats d’un sondage a pour 90% des enseignants interrogés ‘’un impact très positif sur la satisfaction au travail’’, elle implique aussi « l’acquisition de nouvelles compétences techniques et pédagogiques ».

La classe inversée est en effet ‘’bien plus que des vidéos à la place des cours’’ titrait l’emedia en avril dernier. Et pour les enseignants, « créer une vidéo, maîtriser des outils de gestion de classe, produire ses propres ressources, évaluer des élèves dans une logique de portfolio ne sont pas des compétences traditionnelles », a souligné Catherine Becchetti-Bizot.

Les 3 jours de formation au numérique proposés à partir de cette année aux professeurs du secondaire sera un premier pas vers la maîtrise de nouveaux outils.

Les enseignants directement intéressés par la classe inversée peuvent s’inscrire à un MOOC. Il sera ouvert à partir d’octobre prochain sur la plate-forme FUN. Son descriptif précise que ‘’la classe inversée sera abordée dans son acception la plus large possible, comme un dispositif multiforme qui convoque et intègre les pédagogies actives (apprentissage collaboratif, différenciation, résolution de tâches complexes…)’’. Ce cours en ligne traitera en particulier les thématiques des apprentissages par compétences et leur évaluation, les productions (typologies, supports et outils) et également l’importance de la mutualisation et de la diffusion des ressources et des pratiques.

Plusieurs sites, comme le réseau Canopé de l’académie de Reims ou le portail de l’association Classe Inversée proposent également de nombreuses ressources pour appréhender et mettre en pratique cette méthode.

Sources : Le Café pédagogique, Sticef, VNI, emedia, FUN, Canopé, Classe Inversée