Conception, construction, gestion énergétique et environnementale, management, maintenance de la structure et des équipements : aucune phase de la vie des bâtiments n’échappe à la révolution numérique, à l’Internet des objets et aux apports de l’intelligence artificielle. Voici des exemples et indices qui démontrent que le smart building est déjà ancré dans la réalité.

smart-building_une

La réduction des dépenses en électricité, chauffage ou climatisation a été le premier cheval de bataille de la domotique pour l’habitat individuel. Dans le bâtiment tertiaire, ces mêmes considérations relatives aux coûts et aux impératifs liés à la transition énergétique ont motivé la recherche d’innovation pour créer des systèmes intelligents à grande échelle.

En France, le bâti tertiaire et résidentiel est responsable de 45% de la consommation d’énergie selon l’ADEME. Aux USA, les bâtiments commerciaux et industriels seraient à l’origine de 50% des gaz à effet de serre émis par le pays.

Avec des programmes de R&D en interne pour certains grands acteurs (comme Schneider Electric) et/ou le rapprochement avec des start-up très spécialisées, les solutions technologiques et les services se multiplient. Ils représenteraient d’ici 5 ans une manne financière évaluée à 8 milliards de dollars selon ABI Research, avec le continent Nord-américain et l’Europe comme principaux clients.

Schneider Electric montre l’exemple avec son siège social

Compteurs connectés, capteurs de température, de luminosité, supervision et gestion à distance avec les solutions GTB (Gestion Technique du Bâtiment, BMS en anglais) développées par exemple par Hager, Siemens ou Schneider Electric,  exploitation des données, analyse prédictive, achats groupés d’énergies pour un parc immobilier, voire pour un quartier :  l’IoT pour la transition énergétique du bâtiment est devenu concret et affiche des résultats.

smart-building-hive-schneider-electric

Près de 50% de réduction de la consommation énergétique en 3 ans par rapport à une infrastructure traditionnelle : Schneider Electric en a fait la démonstration avec son siège social dont toutes les fonctions liées à une dépense énergétique sont automatisées et monitorées 24/7 en temps réel. Construit en véritable showroom des technologies innovantes du groupe en 2008, ce siège social high tech à Rueil-Malmaison près de Paris est le premier au monde à avoir été certifié ISO 50001, norme pour le management de l’énergie.

L’IoT pour la sécurité de l’environnement intérieur et extérieur

capteur-pollutionLes acteurs des infrastructures et équipements électriques sont aux avant-postes pour faciliter la mise en œuvre des bâtiments connectés. Après le développement de sa solution GTB, l’allemand Hager a récemment absorbé une jeune PME française Azimut Monitoring. Son créneau : la mesure environnementale (pollution, humidité, nuisances sonores) à l’intérieur et à l’extérieur d’une construction. Ces mesures peuvent s’appliquer à la surveillance des structures d’accueil critiques, pour des publics comme les enfants ou les seniors.

Sur la base de stations connectées, d’applications pour visualiser les données recueillies et d’alertes par SMS ou email, de rapport décisionnel et d’aide opérationnelle, cette entreprise de 11 personnes enrichit maintenant Hager de solutions déjà éprouvées.  Azimut Monitoring  a entre autres mis en œuvre pour la ville d’Angers une solution de contrôle énergétique de la Maison des Arts ou de mesure de la qualité de l’air pour les bâtiments dédiés à la petite enfance.

L’IoT au service de la maintenance prédictive

Deux groupes phares, Kone et Schindler illustrent le potentiel de la maintenance prédictive pour des équipements comme les ascenseurs ou escaliers mécaniques. Les deux entreprises ont affiché leurs objectifs.

Pour la société finlandaise Kone, il s’agit de connecter d’ici 2018 l’ensemble de son parc mondial au Cloud pour une surveillance en temps réel du fonctionnement des ascenseurs, escalators et portes mécaniques, soit 1,5 million d’équipements. L’analyse des données, passée à la moulinette de l’intelligence artificielle doit permettre de détecter les signaux et d’anticiper les possibilités de pannes. Kone envisage aussi développer des services aux usagers, comme la possibilité d’appeler l’ascenseur à distance via un smartphone.

smart-escalator

Pour Schindler, la maintenance prédictive est aussi la clé de sa transformation digitale. Le groupe suisse a déjà un pied dans l’IoT avec des solutions M2M (Machine to Machine) pour optimiser les interventions de maintenance. Avec une gestion globale des données recueillies par les capteurs et traitées dans le Cloud, Schindler passe à la vitesse supérieure pour améliorer la maintenance prédictive. Le potentiel annoncé par Huawei, partenaire de Schindler est de réduire les pannes de 90% et les coûts de maintenance de 50%, relate L’Usine Digitale.

Les nouvelles constructions ne s’envisagent plus sans solution connectée globale

Pour le bâti neuf, le BIM (Building Information Model) est l’entrée de plain-pied dans l’ère du bâtiment 2.0, géré de sa conception à sa démolition sur la base de modèles numériques et avec toutes les technologies digitales intégrées dès le départ. Tous les corps de métiers sont invités à collaborer autour de cette maquette numérique.

rfid-metlife-stadium

Et les capteurs s’immiscent aussi dans les matériaux de construction pour améliorer la logistique des entreprises de BTP. 10 jours de construction gagnés, 1 million d’euros économisés grâce au BIM et à la RFID… les chiffres sont avancés par Skanska AB, groupe suédois parmi les leaders de la construction. Il est le maître d’œuvre du MetLife Stadium (82 500 places) ouvert en 2010 près de New York. Avec le BIM et en gérant au plus près les approvisionnements de blocs de béton, géolocalisés grâce à leurs puces RFID, Skanska AB a enregistré ces indicateurs de performance, qui ne peuvent pas laisser de marbre la concurrence.

Smart building : à lire aussi sur l’emedia