Tous les secteurs en recherche d’innovation se sont penchés sur le phénomène des hackathons, conviant designers, développeurs et autres experts sur 24h ou 48h pour concevoir des prototypes d’applications digitales. La tendance s’affirme désormais aussi dans le monde de la santé.

hackathon-innovation-santéInitié à l’origine au Canada, le concept de ‘’Hacking Health’’ a pris ses marques en Europe. Son objectif au travers des différents Hacking Health Camps organisés est de faire collaborer  des « Hackers & Makers » (designer, développeur, expert UX et ingénieur), des professionnels de santé (docteur, infirmière, responsable HIT, etc.) et des acteurs comme les patients, administrateurs, investisseurs pour créer des solutions réalistes et orientées sur l’humain afin d’améliorer les soins de santé. Hacking Health est une organisation avec un agenda bien chargé. Après Montréal, Cape Town, Toronto ou Londres depuis 2012, le mouvement Hacking Health continue son tour du monde.

En mars dernier, c’était la ville de Strasbourg qui accueillait pour la 2e année consécutive en France un de ces événements et quelque 600 participants. Le rendez-vous était coordonné par Alsace Digitale et la French Tech Alsace, avec le soutien d’entreprises du secteur de l’assurance (Allianz), de la pharmacie (Sanofi), du numérique (Samsung) et de partenaires hospitaliers pour n’en citer de quelques-uns. Sur les 26 projets retenus, 11 se sont hissés dans le palmarès 2015.

Hacking-health-hackathon-santéL’intérêt de ce type de rendez-vous ? Voir son projet retenu, financé et commercialisé pour les participants. Pour les partenaires, l’intérêt peut être multiple : « Participer au Hacking Health traduit notre volonté d'être partenaire avec des gens très créatifs et très réactifs » a confié le directeur Stratégie et Innovation France de Sanofi au Figaro. Pour un autre acteur du secteur pharmaceutique, c’est l’aspect concret de ce type de rencontre  qui en fait sa valeur : «Le temps d'innovation est différent de celui de la pharma. Ici, on sort des trucs intéressants en moins de trois jours».

Le 11 juin prochain, ce sera au tour de la Suisse et la ville de Sierre de mettre la santé connectée, le big data et la médecine participative à l’honneur avec le Arkathon Valais.

#HackLaSanté, une initiative de Médecins du monde

En marge du format de Hacking Health, d’autres organisations se sont emparées du modèle. Les 23 et 24 mai prochains à Paris, c’est Médecins du Monde France qui convie développeurs, médecins, juristes ou data experts à #HackLaSanté. L’objectif de l’ONG est de « rassembler les volontés, les compétences et les imaginations, utiliser l’intelligence collective en vue de faire émerger des solutions innovantes aux problématiques rencontrées par les équipes de Médecins du Monde sur nos terrains d’intervention ». La mission des équipes qui seront en lice : « réfléchir, avec les équipes de Médecins du Monde,  à la question du parcours et du suivi des patients dans un environnement complexe, instable, voire chaotique ».

Les hackathons : une tendance en nette hausse selon la base de données du MIT

MIT-hacking-medicineAvec un département ‘’MIT Hacking Medicine’’, la célèbre université américaine scrute attentivement le développement de ce phénomène et distille également des conseils aux futurs organisateurs. Au travers de sa base de données, le MIT répertorie d’après les inscriptions volontaires tous les hackathons dédiés à la santé dans le monde. Les 3 premiers du genre ont été organisés en  2010.

En 2014, 60 rendez-vous ont été enregistrés dans cette base qui est loin d’être exhaustive. Le blog Santé Numérique en recense par exemple 2 organisés récemment par des laboratoires pharmaceutiques, UCB ou Novartis. Ils se sont déroulés, simultanément à Bruxelles et Atlanta pour aider les patients souffrant d’épilepsie, à Paris avec pour thème l’amélioration du patient atteint de diabète.