L’intelligence artificielle avec les robots-advisors et leurs algorithmes devrait avoir un impact conséquent sur la gestion des investissements des particuliers d’ici un à cinq ans. Les acteurs de la Fintech multiplient les initiatives en ce sens pour développer des outils automatisés. Et les professionnels de s’interrogent sur les risques de ces évolutions technologiques. On fait le point.

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Les robots conseillers en matière de gestion en ligne de placements courants sont en train de voler la vedette aux experts en gestion de patrimoine. Depuis 2009 déjà, nombre de sociétés de la Fintech travaillent sur le potentiel de ces nouveaux outils numériques et proposent des solutions déjà intégrées. Les acteurs des fonds d’investissement ont aussi amorcé ce virage technologique, soit par acquisition, soit par des développements en interne.

Comment un algorithme peut-il vous aider à investir ?

Du côté des pure-players, l’illustration est donnée par Betterment, une jeune pousse américaine très en vue qui s’est offert une couverture médiatique de haut vol avec des articles dans The Wall Street Journal, Bloomberg ou CNNMoney, pour n’en citer que quelques-uns.

Betterment affiche 4 milliards de dollars investis par 150 000 clients. La promesse de cette start-up est une gestion équilibrée et avec des coûts limités de l’épargne de ses clients, des orientations pour limiter la taxation, optimiser les dépôts. Son atout : des algorithmes et l’automatisation de la répartition des fonds. Comme une société de gestion de patrimoine, Betterment se rémunère sur un pourcentage des versements et des opérations.

Tout se passe en ligne, très simplement sur l’interface web de la société. Le futur client remplit son âge, son statut (en activité ou retraité) et le montant annuel de ses revenus. Il se voit proposer 3 plans avec des objectifs et des risques adaptés à ses objectifs : placement pour créer un fonds de sécurité, constitution d’un capital retraite ou plan pour augmenter son capital. En un clic, on accède à la répartition des investissements, et les propositions peuvent être personnalisées par le client.

Quels sont les atouts des conseils financiers automatisés ?

Ils sont multiples par rapport aux choix qui s’imposaient avant aux particuliers, car c’est bien cette cible qui est visée : s’en remettre à un conseiller financier ou investir soi-même, à condition de bénéficier d’un minimum de connaissances sur les ficelles boursières. Avec ces nouveaux outils, accessibles au plus grand nombre, les aléas des cotations sont analysés, voire anticipés par les algorithmes.

La simplicité  de la procédure crée également une vraie rupture dans les usages. En quelques clics, il est possible d’investir, de bénéficier de conseils pour la ventilation d’un portfolio, basés sur des critères issus de l’analyse Big Data. Les sommes à investir sont également inférieures aux minima appliqués en général par les conseillers financiers classiques  et les faibles pourcentages retenus sont également des arguments pour optimiser la rentabilité des placements. Des services tels que l’affichage en temps réel de l’impact des achats/ventes d’actions sur l’imposition (chez Betterment entre autres) sont aussi des jokers.

Êtes-vous le client type de ces nouveaux robots-advisors ?

Le client type du robot-conseiller est un particulier. Il dispose aussi d’un patrimoine plutôt modeste, il est jeune, autonome et à l’aise avec la technologie. Cette cible est un des piliers de la croissance de ces services automatisés. Ils représenteraient 5,6 % des actifs investis d’ici 2020, contre 0,5 % en 2015. Ce potentiel accélère l’apparition des initiatives.

Ellevest est par exemple une plate-forme spécialement dédiée aux femmes, créée par une ancienne dirigeante de la Bank of America. Moins enclines à la prise de risque, moins bien rémunérées que leurs homologues masculins, avec une espérance de vie plus longue, les femmes nécessitaient un traitement spécifique en matière de placement.

En France, les services se multiplient depuis 2 ans. lesmeilleursfonds.com existe depuis 2014. Parmi ses concurrents, on peut citer, entre autres, Fundshop pour l’optimisation d’assurance-vie, WeSave ou Advize. Et les premières offres en France ont déjà fait l’objet d’un comparatif de leurs critères et de leurs performances par le JDN.

Quelles garanties pour votre épargne ?

Évidemment, en tant que futur client de ses services financiers 3.0, il est indispensable de comparer les offres en fonction de leurs orientations d’investissement, des pourcentages prélevés et du niveau d’implication demandée (gestion autonome ou gestion déléguée). Dans l’Hexagone, les services doivent être ‘’régulés’’, à savoir, avoir obtenu des agréments de la part de l’AMF (Autorité des Marchés Financiers) et de l’ACPR (Autorité de Contrôle Prudentiel de Résolution).

Les robots sont-ils fiables ? Du côté des experts, le robot-advisor est perçu comme une nouvelle opportunité pour les petits épargnants. Mais dans la profession, le débat reste ouvert quant aux risques potentiels sur la fiabilité des algorithmes et aux dérives possibles en matière de fraude et de qualité des services de gestion, selon une enquête de l’association mondiale des professionnels de l’investissement.

 

Sources : Wall Street Journal, L’Atelier, JDN, Planet Fintech