L’acronyme SARM signifie Substitution, Augmentation, Modification et Redéfinition. Ce sont les 4 niveaux de l’échelle qui, selon le modèle élaboré par Ruben R. Puentedura permettent de sélectionner, d’utiliser les technologies numériques dans l’éducation et d’évaluer leur impact sur l’engagement de l’élève.

Ruben R. Puentedura est un chercheur américain, expert des questions relatives à l’éducation et aux transformations induites par les technologies de l’information. Il est également enseignant à Harvard et fondateur d’un cabinet de conseils sur la transformation de l’éducation via les TICE. Son modèle SAMR est devenu une grille de référence.

Elle a avant tout pour vocation de questionner les enseignants sur la façon dont ils utilisent les TICE dans leurs pratiques et les résultats qu’ils peuvent en attendre. Car là est tout le fondement de ce schéma : il sert à définir les technologies numériques comme des outils au service de l’apprenant et non pas comme une fin en soi.

Ce chercheur précise également que  le SAMR peut aussi être un moyen, dans le cadre d’un projet plus large d’investissement en technologie de trouver un langage commun entre administrateurs et enseignants autour des problématiques d’objectifs, de processus et de retour sur investissement.

SAMR-twitter-ruben-puentedura

De l’amélioration à la transformation avec le modèle SAMR

TICE-SAMR-modèle-fr

Substitution

À ce plus bas de niveau d’intégration, la technologie est utilisée pour effectuer la même tâche qu’avant. Exemple : l’élève utilise un logiciel de traitement de texte à la place d’un crayon pour écrire. Outre l’apprentissage d’un clavier-écran et du processus d’impression, l’apport est limité. L’enseignant peut se poser la question des bénéfices attendus avec cette étape de substitution.

Augmentation

Au 2e niveau, la technologie numérique reste un substitut mais elle apporte des fonctionnalités supplémentaires qui améliorent l’efficacité de la tâche. Pour reprendre l’exemple de la production d’un texte, l’élève peut utiliser la fonction de correcteur orthographique ou grammaticale du traitement de texte, et des outils pour mettre en forme sa page comme des titres en caractères gras par exemple. À ce niveau, l’enseignant doit analyser si ces nouvelles fonctionnalités apportent une amélioration pédagogique fondamentale par rapport à la tâche effectuée sans l’apport du numérique.

Ces 2 premiers degrés (Substitution, Augmentation) selon Ruben R. Puentedura qui se réfère à la taxonomie de Bloom* comme moyen d’accéder à un niveau supérieur de l’échelle SARM mettent en jeu les capacités de mémorisation, de compréhension et d’application de l’apprenant.

Modification

Le numérique permet à ce niveau d’effectuer une tâche différemment et l’enrichir grâce au potentiel des outils numériques. Le texte peut être mis en ligne dans Google Docs par exemple. Il peut être partagé en temps réel et bénéficier de commentaires de la part de l’enseignant ou d’autres élèves, sur la qualité du travail, sur des modifications, des précisions à apporter. La tâche d’écriture originale est donc enrichie et introduit le principe de collaboration. Là, l’enseignant peut se demander si le partage du document et les feedbacks ne sont que le résultat de la technologie ou s’ils pourraient aussi être activés sans la technologie.

Redéfinition

Tout en haut de l’échelle, le numérique permet la création de tâches entièrement nouvelles, impossibles sans la technologie. L’élève peut à ce niveau transformer son texte en une production multimédia, créer un storyboard, intégrer de la vidéo, du son, mettre en ligne son document multimédia et recevoir des commentaires d’internautes partout dans le monde. À ce dernier niveau, le numérique permet d’activer plusieurs ressorts pédagogiques : la créativité, l’esprit critique, la collaboration et la communication. Pour l’enseignant, c’est le moment d’analyser  les tâches qui n’auraient jamais été possibles auparavant et d’évaluer l’apport du numérique.

Ces 2 derniers degrés (Augmentation, Redéfinition) permettent grâce aux technologies numériques, de développer des capacités pédagogiques essentielles que Ruben R. Puentedura considère comme essentielles au XXIe siècle : analyser, évaluer et créer.

* Plus de détails sur :