Autour du changement, du social, de la démocratie 2.0 et du business, le concept de Civic Tech gagne du terrain. Gouvernements, associations, ONG, collectifs citoyens se mobilisent, investissent dans les technologies numériques et des lieux adaptés, comme le Liberté Living Lab en France.

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Aux côtés des EdTech, FinTech, HealthTech, FoodTech, les Civic Tech commencent à être un mouvement à prendre très au sérieux. Vous l’aurez facilement compris le concept de Civic Tech s’articule autour des technologies numériques et de la société civile.

La définition la plus large et la plus communément utilisée pour Civic Tech est l’usage de la technologie dans le but de renforcer le lien démocratique entre les citoyens et le gouvernement. Cela englobe toute technologie permettant d’accroître le pouvoir des citoyens sur la vie politique, ou de rendre le gouvernement plus accessible, efficient et efficace.

La Civic Tech comprend de nombreux types d’acteurs, comme des associations, des collectifs, des sociétés, des ONG ou simplement des citoyens. Les institutions gouvernementales jouent également un rôle prépondérant dans le développement des Civic Tech partout dans le monde’’ précise l’article Wikipedia.

Le numérique au cœur du gouvernement ouvert et de la participation citoyenne

‘’The Emergence of Civic Tech’’, le rapport 2013 de la Fondation Knight, engagée pour la transparence de l’information est une des premières références sur le phénomène, analysé sur les seuls États-Unis. Le rapport fait émerger 2 grandes catégories de projets autour du concept, celles menées par :

  • Les gouvernements autour de la transparence via l’open data et les consultations citoyennes
  • L’engagement des citoyens souvent organisés en collectifs et les sociétés pour la création de réseaux, et plateformes d’échanges et de données et de financement participatif visant l’amélioration des processus citoyens et démocratiques (open démocratie, crowdsourcing, crowdfunding, échanges peer-to-peer, économie collaborative)

En tant que facilitateurs, Internet et sa cohorte des technologies digitales sont évidemment au centre de ses nouvelles démarches.

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La Civic Tech : marché en croissance et vecteur de transfonum

Déjà en 2013, le rapport de la fondation Knight avait cerné le développement de ce secteur en termes d’investissements : + 23 % entre 2008 et 2013. Selon IDC, en 2015, la Civic Tech représente 24% des dépenses IT du gouvernement américain et de ses autorités locales afin d’améliorer les services aux citoyens et développer l’open data.

Ce type de dépenses IT devraient damer le pion à celles des investissements IT traditionnels, entre 2013 et 2018, avec une croissance 14 fois plus rapide. Plateformes open data et Cloud, services mobiles, solutions de mobilité pour les fonctionnaires sont les principaux postes.

Le mouvement est aussi un booster pour la transformation digitale des gouvernements, un biais technologique pour limiter les coûts en améliorant leurs process.  Mais organiser le partage d’informations entre les différents départements et agences, de même que les services numériques aux administrés et l’expression citoyenne constituent également des challenges. Parce qu’à l’heure du digital, les attentes des citoyens sont élevées en matière de service public : accès 24h/24, par smartphone, tablette ou ordinateur, possibilité  de s’exprimer via des réseaux sociaux, des forums en ligne, mesurer l’efficacité des actions des institutions grâce à l’ouverture des données.

Le Liberté Living Lab : lieu dédié à la Civic Tech en France

Cet «espace d’hybridation entre social et business [...] qui veut maintenant ce qu’on n’a pas encore», dixit le site web a été inauguré mi-avril à Paris dans le Silicon Sentier en présence d’Axelle Lemaire, la secrétaire d'Etat au Numérique.

La vocation du Liberté Living Lab : accueillir des start-up, associations, ONG qui travaillent autour de services, de productions scientifiques, artistiques relatifs aux valeurs de la Civic Tech.

Plusieurs start-up ont déjà intégré la structure : Magic Maker (pour apprendre la programmation aux enfants, initiative soutenue par Econocom), Laprimaire.org (choix des internautes pour les candidats à la prochaine Présidentielle), HelloAsso (crowdfunding pour associations), Fluicity (appli pour les interactions directes entre citoyens et mairies), Ticket for Change (pour les entrepreneurs du changement), Bayes Impact France (ONG pour l’exploitation du big data, en contrat avec Pôle Emploi).  Après l’accueil de ces premiers occupants, le Liberté Living Lab sera opérationnel à 100% dès le 4e trimestre 2016.