La Grande École du Numérique (GEN) vise à former aux métiers du digital. Mais elle se veut différente des cursus classiques. La GEN est axée sur l’insertion professionnelle et sur un réseau national et labellisé de formations courtes et gratuites. Elles sont appelées ‘’Fabriques du numérique’’ et accessibles, entre autres, aux jeunes sans qualification.

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Avec 171 formations professionnalisantes déjà reconnues en France, sur les 200 prévues d’ici 2017 et les 10 000 personnes formées à cette échéance, la Grande École du Numérique a rapidement pris son envol. Lancée officiellement en 2015, la GEN s’est vu confier deux grandes missions :

  • Favoriser l’insertion des jeunes sans emploi ni formation grâce au développement d’apprentissages innovants aux métiers du numérique. Et plus largement, permettre à tous les publics (jeunes, salariés en formation professionnelle, personnes en reconversion), et aussi les jeunes femmes très peu représentées dans le secteur, de bénéficier des opportunités offertes par cette filière. La GEN espère d’ici l’année prochaine pouvoir intégrer 30% de femmes et 50% de jeunes peu ou pas qualifiés et sans emploi.
  • Répondre aux besoins en compétence des entreprises, particulièrement des PME, et contribuer à l’effort de formation portant sur les métiers déjà existants ou à venir du numérique.

« Loin d’être la concurrente des formations académiques, elle se veut un complément à destination de tous ceux qui ont besoin, au moins momentanément, d’apprendre autrement que dans les lieux d’enseignement plus traditionnels. À côté de ses objectifs d’insertion professionnelle et de poursuite de projets de création d’entreprises, la Grande École doit par conséquent également ouvrir à la possibilité de la poursuite d’études en lycée, université ou... grande école. » S. Distinguin, F-X. Marquis, G. Roussel

Pour les métiers en tension

50 000 emplois dans la filière numérique sont actuellement non pourvus en France, et ils seront 4 fois plus, soit 200 000, d’ici 5 ans selon les estimations du gouvernement. La GEN oriente donc ses labellisations vers des formations concrètes et porteuses pour l’avenir des apprenants.

Les Fabriques actuelles sont regroupées autour de 6 catégories thématiques principales :

  • Programmation & Développement (93 fabriques)
  • Formation et Assistance (37 fabriques)
  • Conception & Gestion de projet (33 fabriques)
  • Infrastructures & Réseaux (20 fabriques)
  • Interfaces et créations numérique (10 fabriques)
  • Communication & Marketing (5 fabriques)
  • Autres (31 fabriques)

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Les Fabriques labellisées Grande École du Numérique

Dans la foulée de l’annonce officielle de la GEN, un premier appel à projet a été ouvert en octobre 2015, assorti de 5 millions d’euros issus du programme d’investissement d’avenir. Il s’adressait à tous les acteurs, privés, associatifs, publics ou universitaires, développant des formations innovantes relatives aux technologies digitales. Ce label est délivré par un comité indépendant.  Il est attribué à une formation, et non pas à une structure de formation. Il est valable pour la durée de la session et reconductible sur dossier.

Une Fabrique permet aussi aux apprenants de bénéficier d’aide financière et d’obtenir à terme une attestation de formation.

Le premier appel à projet a donc permis d’officialiser 171 formations. Elles sont réparties dans l’Hexagone et les Départements et Territoires d’Outre-Mer (DOM-TOM). Un second appel à projet a été lancé en août dernier. Il bénéficie d’un budget d’amorçage de 10 millions d’euros. Les résultats seront connus d’ici fin novembre et seront suivis par d’autres appels à candidature pour atteindre un des objectifs initiaux de la GEN : 200 Fabriques reconnues dès la fin de l’année 2017.

La Grande École du Numérique, une utopie réaliste

‘’La Grande École du Numérique, une utopie réaliste’’ est le titre du rapport d’analyse et de propositions présenté au gouvernement par Stéphane Distinguin (président de Cap Digital), François-Xavier Marquis (consultant) et Gilles Roussel (président de l’Université Paris-Est Marne-la-Vallée). Leur titre méritait explication : utopie est à prendre dans le sens étymologique de lieu merveilleux qui n’existe nulle part et réaliste parce que la GEN doit être concrétisée sur l’ensemble du territoire français par les initiatives d’acteurs innovants en matière de formation.

Les trois responsables en charge du dossier notaient dans leur rapport que « la Grande École du Numérique doit être un vaste réseau d’organismes, de lieux, de formation préparant aux métiers du numérique, sur des périodes comprises entre 3 et 24 mois » et de citer à titre d’exemple les programmes courts, accessibles et sans prérequis, répondant à une forte demande comme ceux de l’École 42, Simplon.co, la Samsung Academy, UHA 4.0 ou Webforce3.