Si les robots ne risquent pas de remplacer les médecins, enfin pas tout de suite, ils sont par contre précieux pour les former. Les progrès technologiques profitent à la médecine, aux patients mais d’abord aux praticiens qui apprennent et s’entraînent aujourd’hui avec les outils numériques, la e-santé fait pleinement partie du dispositif pédagogique mis à la disposition des futurs médecins.

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Les avantages du numérique dans la pratique de la médecine sont prouvés depuis longtemps et la médecine avance tous les jours grâce à cela. La formation des médecins aussi a bien changée aujourd’hui. Devenue un véritable outil pédagogique, le numérique, le virtuel et la robotisation permettent aux étudiants en médecine, et notamment en chirurgie, d’aller toujours plus loin dans leur apprentissage.

Apprendre avec les robots

1503_HopitalVirtuel_lorraineSur le salon Inno-Robot qui se termine aujourd’hui à Paris, la e-santé est bien présente parmi les 200 exposants. Les robots sont entrés dans le secteur de la santé depuis longtemps et permettent aujourd’hui d’aider les patients mais aussi les élèves de médecine.

Dans l’Est par exemple, L’hôpital virtuel de Lorraine a été créé par la faculté de médecine nancéienne, l’École de chirurgie et le Centre universitaire de l’enseignement par simulation médicale. Cet hôpital offre  aux étudiants et professionnels de santé une plateforme pédagogique et technique comprenant un volet robotique. « C'est l'antichambre de l'hôpital : une étape virtuelle avant d'être confronter à la réalité des blocs opératoires, des salles d'urgence ou d'accouchement et bientôt des chambres d'hospitalisation, des cabinets dentiste ou de pharmacie hospitalière. » explique le docteur Tran, directeur de l'École de chirurgie Nancy-Lorraine au portail Eureka Lorraine. « Les étudiants peuvent suivre une véritable intervention sans être au bloc grâce à une liaison numérique. Ils voient ce qu'il s'y passe et peuvent échanger avec le chirurgien. C'est une sorte de compagnonnage numérique. Les appareils sont capables de dire si on tire trop fort sur une suture, si les mains se touchent ou si on laisse tomber un outil, précise le directeur de l'École de Chirurgie. La démarche d'acquisition est autonome, bienveillante et objective. Elle permet une courbe de progression fantastique."

Les médecins se forment à la robotique

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Pour compléter leur formation et tirer parti à 100% de leurs nouveaux outils, les médecins sont donc amenés à se former à la robotique. Un challenge relevé par exemple à Nancy par le CHRU qui se forme avec des experts de l’aéronautique pour utiliser le robot Da Vinci que l’hôpital s’est offert. Des chirurgiens du monde entier viennent désormais suivre à Nancy une formation de 42 sur simulateurs et robots avec l’organisme Stan Institute.

Apprendre avec la 3D

La chirurgie mini-invasive utilise la vidéo 3D et peut filmer et diffuser les interventions. Un support précieux et très performant grâce à la vision 3D. Ces vidéos sont utilisées en conférences, formations, congrès, démonstrations… Elles permettent aussi de suivre une opération en temps réel et en immersion complète comme au cinéma grâce à des projecteurs et des lunettes 3D. Il existe aussi aujourd’hui des simulateurs 3D virtuel qui entraînent aux gestes opératoires sans aucun risque pour les faux patients. A Nantes par exemple, le projet 3D-Surg prépare le bloc opératoire de demain. Il offrira aux chirurgiens la visualisation du patient 3D, la planification préopératoire, la visualisation et l’interaction intra-opératoire et la chirurgie assistée par réalité augmentée directement dans le bloc. Des technologies qui permettent d’opérer à distance, mais aussi d’apprendre et de s’entraîner. Les progrès numériques avancent vers des solutions permettant aux chirurgiens de corréler ce qu'ils voient à l'écran avec ce qu'ils ressentent dans leurs mains. Presque comme dans un jeu vidéo, un retour de force réaliste qui aide le praticien dans son travail.

3d-printed-simulator-models-fractured-fx-surgeons-to-practice-operations-3L’impression 3D est elle aussi déjà très présente en médecine. Elle permet d’offrir une expérience de simulation bien réelle aux étudiants en médecine. La start-up française BioModex développe par exemple des maquettes de simulation chirurgicale imprimées en 3D à partir de l'imagerie médicale, en reproduisant la rigidité ou la souplesse des tissus, la finesse des vaisseaux et des nerfs. Un support unique utilisé pour la formation médicale, les guides chirurgicaux, une vue préopératoire ou des tests de pré-production.

BioModex vient d’ailleurs d’être sélectionné par le French Tech Hub et le Massachusetts Medical Device Industry Council pour représenter l'Ile-de-France au salon des technologies médicales MedTech showcase, organisé par MassMEDIC, en octobre prochain à Boston.

Apprendre avec le virtuel

La réalité virtuelle commence à soulager les patients mais elle aide aussi à former les médecins. L’arrivée des casques virtuels sur le marché offre de nombreuses possibilités dont celle de se former à la chirurgie. La nouvelle application Oculus RCSI Medical Training Sim créée par VR Immersive Education permet par exemple aux apprentis médecins de vivre une situation d’urgence médicale en suivant un scénario inspiré de faits réels comme gérer un accident grave de la route comme s’ils y étaient.

Les robots sont ils si loin de remplacer les médecins finalement ?

Sources : Le Moci20 MinutesMaddynessLe Figaro SantéL’Est Républicain