Petites et grandes entreprises ont tout à gagner à pratiquer l’open innovation. Le phénomène est en pleine effervescence. En France, il pourrait être accélérer démontre un rapport intitulé ‘’David avec Goliath’’. Synthèse de ses constats et des pistes d’amélioration proposées.

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Les rapprochements entre petites et grandes entreprises sont-ils vraiment contre-nature ?

Ils ont cette réputation. Et, elle devient erronée, chaque type de structure apprenant progressivement à apprivoiser la culture de l’autre et à comprendre l’intérêt des partenariats.  Particulièrement dans l’Hexagone où les organisations leaders comme celles du CAC 40 ont depuis 3 à 5 ans multiplié leurs initiatives vis-à-vis des start-up, en tant qu’ « investisseurs, partenaires et/ou parrains » comme l’a catégorisé le rapport 2016 de Raise et Bain & Company*.

Les lignes bougent mais des progrès restent à faire, analyse cette étude. Elle propose des pistes de solutions, partant du constat qu’un vent favorable souffle actuellement sur ces nouveaux types de collaboration. Il est poussé d’un côté par l’envie d’entreprendre, la simplicité de créer une entreprise en France. Et de l’autre : par la bonne représentation française en matière de leaders mondiaux, le besoin d’innovation et de modernisation.

Que recherchent les grandes entreprises auprès des start-up ?

Acquis de compétences, de technologie, « penser out-of-the-box », nouvelles offres et nouveaux marchés avec l’open innovation : les motivations sont inhérentes au contexte, aux difficultés et aux besoins de chaque grande entreprise.

Le rapport mentionne d’ailleurs que la plupart des grandes entreprises en sont encore en phase de test de leurs différents types d’investissements vis à vis des toutes jeunes structures « pour trouver ceux qui correspondent le mieux à leurs objectifs ».

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Que recherchent les start-up auprès des grandes entreprises ?

Financement, nouveaux marchés, expertises, notoriété : les attentes des David face aux Goliath sont principalement axées sur ces 4 grands leviers. Ils peuvent leur permettre de passer le fameux seuil du ‘’tunnel de la mort’’, celui que ne franchissent pas 50% des jeunes entreprises françaises et qui disparaissent avant leur 5e année d’existence.

« Combler le retard français »

Les niveaux d’investissement pêchent en France comparés aux USA. Pour les fonds de corporate Venture et la création d’accélérateurs ou d’incubateurs, l’Hexagone est nettement en reste.

« Ce n’est pas l’hébergement de start-ups qui va créer de la valeur : il faut prendre des participations ou faire des acquisitions. » Paul-François Fournier, Directeur exécutif de l’innovation, Bpifrance

La maturité des groupes vis-à-vis des partenariats est également à améliorer. Seuls 15% des grandes entreprises interrogées bénéficient pour leurs alliances d’une ‘’approche structurée, complète, des outils, d’un véritable soutien du management et de politique de promotion interne et externe’’. 50% sont sur ce chemin, 35% restent en phase de test des opportunités. Seuls les 15% d’entreprises ‘’expertes’’ dans ces alliances sont à même d’accompagner efficacement les Goliath dans leur croissance.

L’équilibre des collaborations est également en jeu. La nature du partenariat, le niveau d’investissement souvent perçus en faveur des organisations traditionnelles, conjugués à leur lenteur restent des freins selon les jeunes pousses et nuisent à leur épanouissement.

Le rapport prône donc globalement des rapports ‘’gagnants-gagnants’’, respectueux, bâtis sur des fondations business équilibrées, une communication transparente, l’adaptation de part et d’autre aux secteurs d’activité, aux spécificités, process et contraintes de chacune des 2 parties.

« Faire plus, vite et mieux »

Il n’y a ‘’pas de recette miracle’’ mais les succès autour de l’open innovation peuvent être accélérés par des cadres publiques plus adaptés et des approches plus précises au niveau des grandes et petites entreprises, stipule le rapport. Pour les premières :

  • Vision à 10 ans autour de l’innovation et de l’évolution de la grande entreprise
  • Cerner des objectifs, mettre en place des outils de suivi, des indicateurs de succès pertinents
  • Adapter les modalités de gouvernance pour la gestion du partenariat, etc.

Les jeunes entreprises doivent également réfléchir leur potentielle collaboration avec un Goliath avec :

  • Des objectifs précis sur le type et le mode de partenariat recherché
  • Une bonne compréhension du fonctionnement de la grande entreprise visée, de ses enjeux
  • Une approche réaliste des finalités du partenariat, de son apport potentiel à la grande entreprise.

L’amélioration de l’encadrement global pour le rapprochement des petites et grandes entreprises est aussi un facteur d’accélération du phénomène. Cette évolution peut se matérialiser sous plusieurs formes :

  • La mise en relation entre petites et grandes entreprises sous forme de pôle de compétitivité plus visibles, plus efficaces
  • La mise en place d’un relais pour les délais de paiement, des incitations fiscales, la simplification fiscale, juridique et réglementaire
  • Charte d’engagement des grandes entreprises envers les start-up partenaires

 

* Étude à télécharger sur le site de Bain & Company et témoignages vidéo sur la page web dédiée

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