rse-responsabilite-societale
La réduction de l’empreinte environnementale des organisations est l’un des multiples de la responsabilité sociétale des entreprises (RSE). Dans les domaines du cleantech, du recyclage ou de la mobilité, de nombreuses start-up  mettent leurs idées et leurs solutions au service des organisations traditionnelles. Petit coup de projecteur sur l’innovation responsable made in France.

Le recyclage et la revalorisation des déchets, des équipements en fin de vie n’est pas vraiment une tendance nouvelle pour les entreprises. Mais les prises de conscience autour des avantages de l’économie sociale et solidaire ou circulaire, et les obligations autour de la transition énergétique font naître de nouvelles initiatives pour aider les organisations à renforcer leurs engagements durables. La dynamique start-up dans l’Hexagone et en particulier autour de la French Tech participe à ce mouvement avec la création de services B2B innovants.

Canibal : le glouton made in France des emballages de boisson

Les canettes, petites bouteilles et gobelets si familiers lors des pauses et en consommation nomade se comptent par milliards. Environ 8 milliards d’unités sont utilisées dans l’Hexagone chaque année (224 milliards aux USA), 150 gobelets sont jetés chaque seconde et plus de 1,5 milliard non recyclés finissent dans un incinérateur.

rse-recyclage-canibal

C’est à ce problème que se sont attelés les 2 fondateurs de la société francilienne Canibal, lauréats du Concours Lépine. Depuis 2009, après plusieurs années de R&D en collaboration avec Paris Tech, Canibal propose aux entreprises, lieux publics et organisateurs d’événements des bornes intelligentes de collecte, capables de trier gobelets, bouteille plastique, canette alu, de les compacter et les comptabiliser. Les bornes sont accompagnées de services associés et aussi d’incitation grâce à des bons de réductions offerts grâce à des partenariats. En 2014, cette petite entreprise a récupéré 5 millions de gobelets et 20 tonnes de matière recyclable.

Selon leur nature, ces matériaux sont recyclés dans des filières spécialisées, uniquement en France. 100% des emballages récupérés sont transformés en de nouveaux produits (bouteilles, canettes, revêtements de sols et muraux).  Une tonne de déchets traitée par Canibal économise 3 tonnes de CO2. Cette PME d’une vingtaine de personnes nourrit maintenant des ambitions de développement international et multiplie depuis sa création, les levées de fonds.

L’upcycling : la tendance qui séduit start-up et grandes entreprises

rse-phenix-gaspillage-alimentaireL’upcycling a pour vocation de recycler produits et matériaux et de les transformer en produits à la valeur supérieure à celle d’origine. Canibal est un exemple de cette approche de revalorisation.

Phénix est aussi une jeune pousse créée en 2014 qui participe à cette mouvance, avec une vocation sociale et solidaire. Elle œuvre en particulier dans le secteur de la lutte  contre le gaspillage alimentaire (2,3 milliards de tonnes par an en France), et aussi non alimentaire. Elle s’adresse principalement à la grande distribution, aux organisateurs d’événements, aux prestataires de restauration collective pour donner une seconde vie aux invendus et d’en faire bénéficier des associations qui viennent en aide aux publics défavorisés. Phénix a conçu une plate-forme numérique B2B pour connecter en temps réel l’offre et la demande. Elle fournit également des services liés à la logistique et à la sensibilisation aux bonnes pratiques.

Eqosphere travaille elle aussi depuis 2012 pour la réduction du gaspillage au profit d’organisations sociales et solidaires. Elle compte parmi ses clients émetteurs d’invendus des chaînes comme E.Leclerc, Casino ou Auchan et a noué des partenariats avec de nombreuses associations : Secours Catholique, Croix-Rouge ou l’Armée du Salut par exemple.

Green Creative, start-up créée en 2010, lauréate du concours Cleantech Open France 2015 s’attèle plus particulièrement aux rebuts de production et aux emballages. L’une de ses solutions technologiques, Flexidry, permet de déconditionner les produits alimentaires et de transformer les matières organiques en biogaz et fertilisants.

Suez s’intéresse aussi à l’upcycling. Spécialiste dans l’élimination des déchets, le groupe s’oriente maintenant vers la revalorisation avec l’aide de start-up innovantes comme TerraCycle.  Cette jeune entreprise est d’origine américaine. Elle est présente dans 20 pays et dispose d’une filiale en Europe. Suez a mené une prise de participation à hauteur de 30% dans le capital de cette filiale. La spécificité de TerraCycle ? Collecter gratuitement les déchets difficilement recyclables (capsules de boissons chaudes, emballages cosmétiques, brosses à dents) auprès des consommateurs, des industriels, des commerçants et des entreprises du tertiaire. Grâce à ses unités R&D, les déchets collectés sont transformés pour la fabrication de matières innovantes et de nouveaux produits  (trousses, équipements pour les aires de jeux, etc.).

Vélo, covoiturage : des solutions adaptées pour les professionnels

Les Vélo’v lyonnais, Vélib ou Blablacar ont aussi créé des émules. Des start-up se sont faites les fers de lance de cette tendance à l’économie de partage au sein des entreprises. Des services de mises à disposition de vélos de prêt ou de car sharing voient le jour. Colibree ou Cyclez proposent des flottes privatives de vélos électriques et les services de gestion et de maintenance aux entreprises.

rse-mobilite-karosPour le covoiturage courte distance, entre domicile et travail, Karos a développé une application spécifique, basée sur de l’intelligence artificielle avec un système prédictif de l’offre et la demande. Le tarif des trajets est fixé par un forfait au kilomètre. Chaque entreprise peut bénéficier d’un espace personnalisé mis à disposition de ses salariés. Total, Siemens, les laboratoires Roche ou le Medef ont déjà adhéré.

 

 

Sources : Ma Planète/Sud-Ouest, Maddyness, 20Minutes, Fondation MMALe Monde, La Tribune, FrenchTech