Bienvenu au cœur d’une révolution dans le monde de la production. Habiter ou travailler dans un bâtiment construit en quelques semaines grâce la fabrication additive béton est maintenant de l’ordre du réel. Et en santé, vivre avec un organe réalisé par bio-impression sera la prochaine grande avancée.

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Il est déjà loin le temps où l’impression 3D était symbolisée par la seule personnalisation de coques de smartphones ou la fabrication de figurines. Le marché conso pour l’impression 3D se structure désormais autour de nouvelles offres, comme celles des pièces détachées pour l’électroménager, illustrées par exemple en France par les magasins Boulanger qui en même temps, surfent sur la vague de la lutte contre l’obsolescence programmée.

Parallèlement, dans des secteurs qui nous touchent au quotidien comme la santé et le bâti, les technologies autour de l’impression 3D sont en passe de gagner leurs lettres de noblesses. En fait, pour être plus exact, ces technologies ont déjà prouvé leur intérêt avec des applications qui ne demandent qu’à passer au stade de l’industrialisation. C’est ce pas qu’il reste à franchir et pour Gartner, l’échéance est fixée dans les 2 à 5 années à venir.

impression3D-medicamentAprès les prothèses et les médicaments : les organes en bio-impression

Nous sommes déjà habitués à l’idée que des prothèses de main, de bras ou de jambe, voire de cage thoracique en titane (photo en introduction)  puissent être conçues sur mesure grâce à l’impression 3D puis implantées. Les exemples de reconstruction faciale ou articulaire sont aussi de plus en plus nombreux.

C’est aussi au tour des médicaments d’être imprimés en 3D. Le premier à avoir reçu l’agrément de la FDA aux USA est commercialisé depuis cette année. Il s’agit d’un traitement contre l’épilepsie. L’intérêt de l’impression 3D ? Rendre les comprimés plus poreux pour une ingestion et une dissolution plus facile. Le procédé permet aussi un dosage plus précis du principe actif, explique Industrie & Technologies.

De là à ce que les structures hospitalières et les pharmacies produisent elles-mêmes les médicaments sur demande, il n’y a là aussi qu’un pas, et il pourrait bouleverser le modèle économique de l’industrie pharmaceutique, prévient un expert.

Dans les coulisses de salles d’opération, l’impression 3D est aussi en usage pour la formation des chirurgiens sur des modèles presque plus vrais que nature. La technologie est aussi un atout précieux pour préparer les interventions et en réduire le temps. Suivant la tendance Outre-Atlantique, l’hôpital Universitaire de Genève s’est emparé du procédé pour façonner des guides de positionnement et de coupe (dans l’os) au millimètre près pour l’implantation de prothèses de cheville.  Cette méthode est également utilisée pour de la chirurgie sur les vertèbres. Des organes faits en 3D, non implantables, servent également à simuler le déroulement de l’intervention, la pose d’un implant. Et aussi à expliquer très clairement aux patients ce que l’anesthésie leur occultera.

La prochaine étape ? La création de tissu vivant grâce à la bio-impression pour la médecine régénérative ou la fabrication d’organes artificiels sur demande tels que le rein, le foie ou le cœur. Mais dans ce domaine, il faudra encore patienter. La technologie n’en est encore qu’au stade de la recherche.

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L’impression 3D béton fait très belle impression

Le dernier exemple en date est signé par les Emirats Arabes à Dubaï. La ville s’est dotée des premiers bureaux au monde imprimés en 3D. Et ils arborent une architecture futuriste (ci-dessous). D’une superficie de 250 m², cet espace a été façonné en 17 jours grâce à une imprimante béton géante et de bras robotiques. Ce projet n’est que la première pierre - si l’on peut dire - d’un objectif beaucoup plus ambitieux  pour Dubaï : utiliser ce procédé pour 25 % des nouvelles constructions d’ici les 15 prochaines années.

L’impression béton en 3D est très prometteuse. Ces avantages portent indéniablement sur la réduction des délais, de 50 à 70 % par rapport à la construction traditionnelle, avance 3dnatives, et la réduction des déchets de construction.  Selon les estimations Markets and Markets,  ce marché devrait doubler en 5 ans pour atteindre plus de 56 millions de dollars en 2021, certes même pas une épine dans le pied du marché mondial du BTP (environ 8 700 milliards de dollars).

L’Amérique du Nord et l’Asie Pacifique pourraient être les zones les plus porteuses pour l’impression 3D béton. En Europe, plusieurs acteurs comme Lafarge se lancent aussi dans l’aventure et un projet de construction d’une résidence universitaire à Lilles a été lancé. Ce serait une première en Europe mais le projet est encore dans les cartons.