Parmi les tendances qui se dégagent des analyses sur l’évolution de la télémédecine, les experts s’accordent  sur des opportunités de marché prometteuses d’ici 4 ans. Mais ils soulignent aussi l’importance l’accessibilité des technologies pour les professionnels et les patients, de même que sur le rôle central de l’analyse big data pour optimiser l’écosystème.

Telemedecine-medicamentsDes économies et de nouveaux marchés grâce à la télémédecine

L’idée de la télémédecine ou la médecine à distance soutenue par les devices connectés fait son chemin. Différentes enquêtes tendent à prouver que praticiens et patients y sont de plus en plus favorables. Selon un sondage Syntec Numérique, 83 % des Français sont prêts à entretenir des relations avec les équipes de santé via leurs smartphones, ils sont 70 % au niveau mondial selon une étude Cisco. 50 % de patients interrogés par Intel feraient confiance à un diagnostic réalisé par vidéo conférence..

Cette évolution des mentalités est une opportunité à saisir pour faire face à l’une des problématiques clé en matière de suivi médical : la bonne observance par les patients des protocoles thérapeutiques. Dans l’article ‘’Le médicament dangereux, c’est d’abord celui que l’on ne prend pas’’, le journal Le Monde a fait le point sur cette question. Selon l’OMS, précise l’article, l’amélioration de l’observance aurait plus d’impact que n’importe quelle amélioration des traitements médicaux « . Et lorsqu’elle parle d’observance, l’Organisation Mondiale de la Santé fait référence à la fois à la prise de médicament mais également aux recommandations en termes d’hygiène de vie.
Digital-Health-Telemedecine-EconocomEn chiffres, l’inobservance de protocoles thérapeutiques est très parlante. « Dans 70% des cas, l’inobservance ne serait pas due à des oublis mais bien à une décision volontaire du patient, y compris pour les pathologies les plus graves.» En France, elle représente un coût de 2 milliards d’euros par an, 1 million de journées d’hospitalisation et 8000 décès. Selon PWC (PriceWaterhouseCooper), dans l’Union européenne, la bonne observance des prescriptions devrait permettre d’économiser 99 milliards d’euros d’ici 2017.

Conjointement, les changements de mentalité et de comportement face à la télémédecine et le développement de technologies adaptées ouvrent de nouvelles perspectives en termes de marché. Selon un rapport IHS Technology, les services et devices liés à la télémédecine devraient générés au niveau mondial et d’ici 2018 quelque 4,5 milliards de dollars contre 446 millions en 2013.

Le patient, un véritable acteur de sa santé mais sous conditions…

Telle une profession de foi, le Directeur général d’une clinique américaine à Cleveland, Ohio met en avant le rôle crucial du patient dans la gestion de son rétablissement, dans un billet intitulé ‘’The day of passive patient is over’’.  Et cet établissement met des moyens à la disposition de ses patients pour qu’ils participent activement, à l’instar d’un membre incontournable d’une équipe sportive, à leur parcours de soins : accès via un simple smartphone à leurs données cliniques, leurs prescriptions, aux résultats d’imagerie et aux notes des médecins traitants.

Cette approche est à mettre en perspective avec une problématique plus large, relevée par Forbes dans l’article ‘’Digital Health In 2014: The Imperative Of Connectivity’’  qui est celle des canaux et devices qui favorisent l’interaction entre le patient et son équipe médicale. L’article souligne en effet que les bracelets connectés pour des applications ‘’bien-être’’, souvent remisés dans un tiroir une fois l’effet nouveauté passé, ou les applications mobiles ne seront pas forcément facilement adoptés par des profils de patients âgés qui ‘’portent encore une montre Timex’’.  Pour contourner cette difficulté et transformer les promesses de la télémédecine en véritables opportunités, l’éducation et l’ancrage des usages du patient à de nouveaux outils est une des clés. La recherche des professionnels et établissements de santé à multiplier les technologies et les canaux d’interaction potentiels entre patient et consommateur, centres de soins et domicile, même s’il faut utiliser des réseaux sociaux comme Facebook pour faciliter les flux est aussi une des autres impératifs à prendre en compte.

Telemedecine-BigDataLe rôle des data dans le développement de l’écosystème de la télémédecine

Comment convaincre les patients, encourager les établissements de santé, développer un écosystème pérenne autour de la télémédecine ?

Medcitynews rapporte  les débats de responsables de santé (‘’5 insights from digital health CEOs at JP Morgan Healthcare conference’’). Ils sont essentiellement centrés sur l’importance du big data et de l’analytique dont le rôle est capital et l’impact à considérer à tous les niveaux de la chaîne pour :

  • Améliorer la qualité des soins
  • Éduquer, encourager les populations à de meilleures règles d’hygiène de vie
  • Rendre plus efficace la coopération entre professionnels de santé, industriels et investisseurs
  • Anticiper les besoins des populations, des professionnels de santé et optimiser les coûts avec des business models orientés à la fois BtoB et BtoC
  • Orienter dans un premier temps la stratégie des start-ups vers la création de produits ou d’applications efficaces, susceptibles de séduire les utilisateurs, avant focaliser ces start-ups sur leurs opportunités de revenus de leurs innovations.