Certes les entreprises ont en cours  des projets ou des mises en œuvre Cloud. Mais ils sont souvent cantonnés à des besoins technologiques momentanés ou à une recherche d’innovation des métiers, isolée par rapport à l’environnement global de l’entreprise. Les analystes s’accordent sur ce constat mais certains indicateurs 2015 montrent que le mode Cloud entre aussi, dans une phase plus stratégique et plus globale de modernisation pour les grandes organisations.

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L’adoption du Cloud, en mise en œuvre et en projet serait-elle à peine en marche ? C’est sans doute le cas selon une large enquête internationale IDC/Cisco. Si le Cloud concerne pour une majorité d’entreprises interrogées (57%), l’optimisation globale de ces technologies au sein de chacune des organisations est encore loin d’être une réalité. Quelles en sont les raisons ? Pour Christophe Labro de Cisco France cité par La Tribune « la maîtrise de la technologie est parfois insuffisante, et un grand nombre d'entreprises n'en tirent pas de gros bénéfices».

Les résultats de l’étude montrent effectivement que les tendances concernant les investissements restent encore majoritairement centrées sur des besoins ponctuels, par exemple lorsque le datacenter a atteint ses limites selon 451Research/ICT Journal et qu’ils sortent souvent du périmètre des responsables, un phénomène de plus en plus courant dans la transformation numérique.

« Longtemps, on a cru que c'était une affaire d'informaticien, alors que maintenant, ce sont les autres métiers d'une entreprise qui insistent pour bénéficier de ces outils. » Christophe Labro, Cisco.

L’ère du ‘’full-cloud’’, quel que soit le mode (privé pour 44 % des interrogés, public pour 37 % ou hybride) n’est donc pas encore à l’ordre du jour selon les chiffres de cette étude qui a porté sur plus de 3 600 décideurs IT, répartis dans 17 pays :

  • 44 % pratiquent le Cloud à titre opportuniste
  • 32 % n’ont pas de stratégie
  • 25 % abordent le Cloud avec une stratégie optimisée sur le long terme

En revanche, l’impact que peut avoir le Cloud sur l’optimisation des budgets IT et l’augmentation du chiffre d’affaires est admis, à défaut d’en bénéficier, par plus de 50 % des responsables consultés. Des attentes qu’IDC confirme avec, en moyenne, des bénéfices annuels pour les organisations qui ne laissent pas indifférent : 1,6 million de dollars de revenus supplémentaires par application déployée en Cloud et 1,2 million de dollars de réduction de coûts IT, grâce tout particulièrement à l’amélioration de l’agilité de l’organisation et de la productivité des collaborateurs.

En Europe, le Cloud est utilisé avec une grande disparité selon les pays et la taille des entreprises. Ces tendances fin 2014 sont mises en avant par une étude de l’INSEE. Elles relèvent encore de la ‘’timidité’’ selon l’expression de l’Institut, et particulièrement en France. La Finlande est le pays de la zone euro dont les entreprises d’au moins 10 personnes (51%) achètent le plus de services Cloud, devant l’Italie (40%) et le Royaume Uni (24%). La France reste sous le seuil de la moyenne européenne : 12% vs 19 %. Mais, à égalité avec la moyenne européenne dans cette catégorie, les organisations hexagonales de taille intermédiaire sont 36% (250 personnes), 40% à partir de 500 personnes à faire appel à des technologies Cloud. Seules les TPE de type start-up ne peuvent pas faire l’impasse sur le Cloud pour s’adapter aux aléas, à la fois financiers et technologiques de leurs projets digitaux, comme en témoignent de jeunes entrepreneurs à BFM Business.

Sans grande surprise, le secteur d’activité de l’information et de la communication est le plus demandeur. Autre constat, là encore sans réelle surprise, la sécurité, la localisation des données et les problèmes de législation constituent de véritables facteurs limitant l’utilisation de l’informatique dématérialisée.

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Les grandes entreprises investissent et recherchent de nouvelles compétences. Après les chiffres de l’INSEE datant de 2014, ceux de 2015 apportés par une étude Markess sur un petit échantillon de décideurs informatiques confirment que ce sont les grandes entreprises françaises qui actuellement, surfent le mieux la vague du Cloud. Bonne nouvelle pour les fournisseurs de technologies et de services Cloud, les revenus sont en forte croissance : 4,9 milliards d’euros pour 2015 selon les estimations du cabinet d’études, 7 milliards d’ici 18 mois, porté essentiellement par le SaaS. Ces investissements induisent aussi de nouveaux besoins pour 84 % des organisations sondés en matière d’expertises, tant sur le plan technique que sur la gestion globale des services cloud comme le montre le graphe ci-dessous.

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Sources : IDC/Cisco, La Tribune, 451Research/ICT Journal, INSEE, BFM Business, Markess