Le Bring Your Own Device ou BYOT (Bring Your Own Technology) recueille la faveur des milieux enseignants outre-Atlantique mais sous certaines conditions.

Pourquoi les enseignants sont-ils favorables au BYOD ?

Le premier argument mis en avant, entre autres, par la NEA (National Education Association) concerne la limitation des investissements dédiés à l'acquisition d'équipement par les établissements scolaires. Le BYOD permet d'introduire les nouvelles technologies dans l'enseignement sans grever les budgets des établissements.

En marge des aspects purement financiers, un autre argument, et de taille, mis en avant concernent les vertus pédagogiques des terminaux mobiles, testées lors de programmes pilotes dans plusieurs états.

Les élèves accèdent aux cours magistraux par podcast qu'ils consultent en ligne à la maison, au titre de leurs devoirs. Pendant leurs heures de cours en présentiel, ils restent entièrement disponibles pour poser des questions à l'enseignant, pour échanger et résoudre des problèmes en groupe, dans les matières scientifiques par exemple. Et l'inverse est également vrai pour les enseignants. Déchargés en classe de leurs cours magistraux préenregistrés,  ils peuvent favoriser les interactions avec les élèves et accompagner individuellement ceux en difficulté.

D'une manière plus globale, avec leurs terminaux mobiles, les étudiants se forgent des compétences en matière de travail collaboratif, font valoir certains enseignants, en apprenant à rechercher, sélectionner et partager des informations connexes, utiles pour leur formation, pour préparer leurs examens et pour leur avenir professionnel. Ils doivent également apprendre à résoudre rapidement des problèmes techniques liés à leur équipement, ce qui les prépare aux exigences de leur future vie professionnelle ajoutent d'autres enseignants.

D'un point de vue purement pratique, les élèves utilisant leur propre matériel n'ont que très peu d'apprentissage à faire du fonctionnement de leur outil. Les terminaux connectés évitent également de porter (voire d'oublier) les manuels et cahiers de cours. Ils permettent à tout moment l'accès à des ressources accessibles en ligne sur la plate-forme spécifique à l'établissement ou stockés sur les disques durs ou en mode cloud.

Argument plus terre-à-terre en faveur du BYOD : les acteurs impliqués dans des programmes pilotes de BYOD ont également remarqué que les élèves étaient plus précautionneux avec leur propre matériel qu'avec du matériel prêté.

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Comment encadrer le BYOD pour les classes numériques ?

La première question qui se pose est celle de l'éventuelle inégalité de moyens entre les élèves. La piste préconisée par les acteurs de l'enseignement impliqués dans les programmes test est de mettre à disposition au sein des établissements, des districts ou des états (américains) des programmes de prêt ou d'aide à l'achat pour les élèves non équipés ou sans budget, en veillant à ne pas stigmatiser ces derniers.

Autre sujet prégnant : celui de la formation des enseignants à l'utilisation des terminaux mobiles, des réseaux sans fil, des plateformes de contenus et des formats de fichiers accessibles sur tout type de terminaux. Des sessions de formation dispensées par les responsables d'établissement, les responsables IT ou les enseignants déjà aguerris ont été un préalable incontournable à tous les programmes pilotes, de même que l'engagement d'enseignants volontaires et acquis à la cause.

Les règles d'utilisation des terminaux personnels dans les enceintes scolaires ont été également au cœur de ces dispositifs. Les différents établissements pilotes ont choisi de faire signer des chartes aux élèves avec des clauses telles que la restriction de l'usage des terminaux (mais pas toujours) pour les projets pédagogiques pendant les heures de classe (sous la surveillance des enseignants), les limitations d'accès à certains services en ligne pour des problématiques de sécurité, les modalités pour recharger les batteries des terminaux, etc.

Autre préalable technique aux différentes expérimentations américaines : l'équipement des établissements en réseau performant, un support IT à la hauteur et pour certains la virtualisation de poste de travail pour faciliter l'accès multi plateformes.

BYOD et classe numérique : des références sur les expérimentations aux États-Unis