L’hôpital digitalisé n’est plus qu’un concept. Il se concrétise par des programmes de modernisation progressifs et aussi par la construction de véritables modèles du genre.

Quels points communs entre le Humber River Hospital et le St Stephen’s ?

Tous deux sont en construction depuis 2011, financés par des fonds publics et privés et devraient ouvrir l’ensemble de leurs services d’ici 2015. Mais ils sont séparés par plusieurs milliers de kilomètres, l’un est au Canada, l’autre en Australie. Le Humber River Hospital sera le 1er fleuron nord-américain entièrement digitalisé, installé près de Toronto. Le St Stephen’s arbore les mêmes ambitions : être un centre d’excellence technologique au service de la qualité des soins et de l’efficacité des parcours santé. Il sera le premier du genre sur le continent australien.

Des technologies digitales de pointe et des performances environnementales

En tant que modèles de l’hôpital du futur, ces deux établissements ont été conçus avec une intégration maximale des nouvelles technologies et l’interopérabilité de leur système IT respectif. Pour l’établissement canadien, la version digitale de l’hôpital nouvelle génération s’appuie sur un contrat de 15 ans en services managés pour l’ensemble de ses équipements et services IT, avec des technologies de dernière génération adaptées aux usages de la santé :

  • Des écrans digitaux pour accueillir et guider les patients à leur arrivée
  • Des chariots pilotés automatiquement qui assureront 75 % des livraisons de matériel, repas, etc.
  • Un système de reconnaissance vocale pour permettre aux différents personnels d’enregistrer à partir d’e-devices des données pour le dossier médical du patient, acheminer immédiatement les demandes d’examens ou de prescriptions. Ces informations seront retranscrites en temps réel sur les terminaux mobiles, ou non, des services concernés.
  • Un dossier médical dématérialisé et partagé incluant l’accès aux résultats d’imagerie pour permettre un suivi pluridisciplinaire, une option incontournable également choisie par l’établissement australien

Au chevet du patient, un terminal bedside lui donnera accès à des services numériques (programmes de divertissement, téléphone via IP, contrôle de la lumière de la chambre, etc.). Il permettra également aux personnels soignants d’accéder aux données du dossier médical. En Australie, les concepteurs du St Stephen’s ont misé pour un accès bedside sans fil multi devices, à partir de smartphones, tablettes ou d’ordinateurs sur chariot roulant.

Hopital_reconnaissance-vocale_mini

Reconnaissance vocale à l’Humber River Hospital

Australie

Murs digitaux en Australie

Lors de la conception du centre canadien de santé high-tech, ont également été prises en compte les considérations ergonomiques et environnementales.  Une modélisation informatique a permis une organisation optimisée des espaces qui devrait se solder par une réduction des déplacements des personnels soignants de 18 %. Quant à l’impact environnemental de l’établissement, il affichera des performances très hautes par rapport aux établissements classiques : des réductions de 40 % d’énergie et de 35 % sur la consommation d’eau.

La vidéo de présentation du Humber River Hospital, province de l’Ontario

La présentation de l’hôpital St Stephen

Bientôt un nouvel hôpital connecté en France

Si les actions de modernisation des établissements de santé existants sont étalées dans le temps donc moins spectaculaires, particulièrement lorsqu’il s’agit de digitalisation, la construction d’un tout nouvel établissement reste un événement. En France, le plus grand chantier hospitalier actuellement en cours est à Orléans. Cet établissement qui a déjà rendu opérationnels plusieurs services devrait aussi être entièrement fonctionnel d’ici 2015. Il est prévu sur 200 000 m², avec une capacité d’accueil de 1 500 patients, et une équipe globale d’environ 4 800 personnes. Il regroupera des services déjà existants mais répartis sur plusieurs sites. Au rang du SI et des technologies digitales mises en œuvre, pour un budget évalué à environ 6 millions d’euros :

  • Le dossier patient numérique partagé
  • Les prescriptions connectées
  • La dictée numérique et la reconnaissance vocale
  • Dans chaque chambre, des terminaux bedside multimédia pour le patient et pour les professionnels de santé.

Voir article Le Moniteur, ‘’Nouvel hôpital d’Orléans, le gros œuvre est achevé’’